«Une décision extrêmement difficile» estime le responsable du site, Bert Eades. | Justin Sullivan / Getty Images North America / AFP

«Une décision extrêmement difficile» estime le responsable du site, Bert Eades. | Justin Sullivan / Getty Images North America / AFP

Ikea ferme son unique usine aux États-Unis pour la délocaliser en Europe

Des coûts de production et une tarification trop élevées seraient à l'origine de la décision de l'entreprise suédoise.

La nouvelle pourrait faire grincer des dents Donald Trump. Le président américain, en guerre contre la mondialisation, a dû tomber des nues en apprenant la fermeture de l'unique usine Ikea du pays.

Si, le 11 juillet, Donald Trump avait remporté une victoire en persuadant le groupe de défense Lockheed Martin de laisser ouverte une de ses usines basée en Pennsylvanie –État important dans l'échiquier électoral américain– cette fois-ci, il ne pourra pas intervenir.

Le géant Suédois de l'ameublement a annoncé le 15 juillet qu'il allait fermer les portes de son unique usine présente sur le sol américain depuis 2008, à Danville, dans l'État de Virginie. La fermeture est prévue pour décembre 2019, ce qui devrait mettre 300 personnes sur le carreau.

Des coûts de production trop élevés

«C'était une décision extrêmement difficile. Nous avons fait tout ce qui était possible pour améliorer et maintenir la compétitivité de cette usine, mais malheureusement, les conditions de coûts ne sont pas idéales pour continuer à produire à Danville sur le long terme», a déclaré Bert Eades, le responsable du site.

«La structure des coûts de production à Danville est trop élevée, renchérit-il, plus particulièrement quand il s'agit des matériaux de base, ce qui entraîne une tarification significativement plus importante que dans les autres unités Ikea fabriquant les produits similaires en Europe.»

Retour en Europe

La firme suédoise possède plus de quarante sites de production dispatchés en Europe, en Chine et en Russie. Elle emploie environ 20.000 ouvriers de production sur ces sites et environ 160.000 personnes dans le monde.

Pour ce cas, Ikea a décidé de rapatrier son usine à la source de son business: l'Europe. L'entreprise suédoise n'est pas la seule à agir de la sorte. De grands groupes tels que Google, Nintendo ou Foxconn tentent également d'échapper aux taxes douanières imposées par l'administration Trump sur les biens produits en Chine en délocalisant à Taïwan, en Malaisie, en Thaïlande ou au Viêtnam. Le Suédois, à quant à lui, décidé de rapatrier son site sur ses terres.

La société d'ameublement a déclaré que cette délocalisation rendra ses produits plus abordables pour les consommateurs des États-Unis.

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