La flamme indépendantiste brûle sur les îles Shetland –comme sur leurs énormes réserves en gaz naturel et pétrole. | Andy Buchanan / Digital / AFP
La flamme indépendantiste brûle sur les îles Shetland –comme sur leurs énormes réserves en gaz naturel et pétrole. | Andy Buchanan / Digital / AFP

Les îles Shetland veulent leur Brexit (et leurs hydrocarbures)

L'archipel ne compte que 23.000 âmes, mais est assis sur une manne énergétique très convoitée.

Les îles Shetland forment un archipel dans l'océan Atlantique, au nord-est de l'Écosse. Elles comptent une centaine d'îles, dont 16 sont habitées –au total, à peine 23.000 personnes y vivent.

Mais les Shetland, rattachées au Parlement écossais, veulent aujourd'hui leur indépendance. Attention: pas l'indépendance vis-à-vis de la Couronne britannique, mais de l'Écosse. Le 11 septembre dernier, 18 des 20 membres du Conseil des îles Shetland ont voté en faveur d'une résolution visant à «atteindre l'autodétermination financière et politique».

Au cours d'un débat de plus d'une heure, les membres du Conseil ont fait valoir que leurs marges de manœuvres s'étaient réduites sous la houlette du Parti national écossais et déploré une prise de décision de plus en plus centralisée.

«Le Parlement écossais se sent “éloigné” des habitants des îles, qui sont confrontés à certains des taux les plus élevés de pauvreté énergétique dans le pays», a fustigé le chef du Conseil Steven Coutts.

Manne pétrolière et gazière

Un paradoxe, alors que les Shetland sont assis sur une véritable manne: des réserves de pétrole et de gaz qui représenteraient 30% des réserves offshore du Royaume-Uni, soit entre 3 et 6 milliards de barils.

Le terminal pétrolier de Sullom Voen, au nord de l'île de Mainland, est quant à lui l'un des plus grands d'Europe. Le moyen de pression sur Édimbourg est donc tout trouvé, et Steven Coutts entrevoit déjà «les incroyables opportunités que l'autodétermination politique et financière pourrait apporter».

Entre Lerwick et Édimbourg, l'amour n'a jamais été très fort. Ceci est principalement dû au fait qu'un tiers des habitant·es de l'archipel descende directement des Vikings. Les îles Shetland sont à douze heures de l'Écosse, mais Lerwick est plus proche d'Oslo que de Londres. De nombreux habitants des Shetland pensent même que la vie serait meilleure sous la houlette de la Norvège que sous celle de l'Écosse.

Au moment du référendum écossais en 2014, Tavish Scott qui représentait alors les Shetland au Parlement britannique, avait déjà plaidé en faveur d'un autre référendum sur l'autonomie des îles.

Il n'est jamais parvenu à ses fins, mais ils s'est trouvé entre temps un nouveau cheval de bataille: celui de garantir la bonne représentation des Shetland sur les cartes officielles écossaises, qui ont souvent tendance à placer les îles dans un petit encadré, plus proches de l'Écosse qu'elles ne le sont en réalité.

Les habitant·es des Shetland sont «à juste titre irrités de voir cela», avait-il fustigé en 2018 lors du dépôt d'un amendement visant à interdire cette pratique. «Vu l'argent que nous faisons rentrer dans les caisses écossaises depuis 40 ans, il est grand temps que l'on nous place au bon endroit», s'était-il emporté. Ce combat-là au moins a été gagné, puisque l'amendement a été voté en octobre 2018.

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