En plus de voir leur prix baisser, les demeures dans lesquelles un décès violent a eu lieu mettent deux fois plus de temps à se vendre. | Callum Blacaoe via Unsplash
En plus de voir leur prix baisser, les demeures dans lesquelles un décès violent a eu lieu mettent deux fois plus de temps à se vendre. | Callum Blacaoe via Unsplash

Pour acheter une maison à prix cassé, choisissez-en une avec un passé tragique

Les demeures qui ont été le théâtre de faits divers peuvent voir leur prix baisser de 25%.

Pour les personnes qui se moquent d'acquérir un chalet de montagne ayant abrité un psychopathe ou un manoir témoin d'un triple homicide, il est peut-être temps d'investir dans la pierre. Ces maisons du crime coûtent entre 10% et 25% de moins que les prix du marché, rapporte The Hustle –des réductions alléchantes pour les fans de bonnes affaires ou d'anecdotes dramatiques.

Outre-Atlantique, Randall Bell, directeur du Landmark Research Group, un cabinet de conseil en immobilier, s'est spécialisé depuis longtemps dans ce que les pros du secteur appellent les «propriétés stigmatisées», ces biens dont personne ou presque ne veut en raison des événements qui s'y sont produits.

En dehors des affaires de meurtre, sa liste de biens comprend des résidences où des activités illégales telles que la production de drogues ont eu lieu, ou des maisons où des individus peu recommandables, comme des délinquants sexuels, ont vécu.

Mauvaise réputation

«Les gens disent que l'immobilier est avant tout une question d'emplacement. En réalité, c'est la perception, la perception, la perception», martèle Randall Bell. L'image peut avoir un impact considérable sur la valeur d'un bien immobilier. À cet égard, les propriétés qui ont été le théâtres d'homicides seraient –sans surprise– particulièrement mal perçues par la clientèle.

Selon le spécialiste, un décès violent dans une maison peut réduire sa valeur de 25% et doubler la durée nécessaire pour la vendre. Avec les affaires parfois sordides qui collent aux murs de ces biens, les propriétaires ont souvent l'obligation de les brader.

Dans l'Hexagone, on se souvient de la résidence des Dupont de Ligonnès, lieu de l'assassinat d'une partie de la famille en 2011. Alors que son estimation tournait autour des 450.000 euros, la demeure a été cédée en 2015 à 260.000 euros. Elle est de nouveau en vente depuis janvier 2019.

Dans la même veine, la célèbre maison hantée d'Amityville aux États-Unis, où Ronald DeFeo Jr. avait tué ses parents, frères et sœurs en 1974, a été achetée en 2016 pour 200.000 dollars de moins que son prix initial.

Pour évaluer précisément la façon dont un passé funeste peut diminuer le prix d'une maison à la revente, Randall Bell avance trois critères: le coût, l'utilisation et le risque, qui comprend tout ce qui pourrait compromettre la valeur du bien.

La présence supposée de fantômes, par exemple, constitue un risque: la perception qu'a le public d'une demeure peut créer de réels problèmes logistiques pour les gens qui y vivent –qu'ils croient ou non aux manifestations surnaturelles.

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