Al Barr, chanteur des Dropkick Murphys, lors d'un concert aux Eurockéennes de Belfort en 2017. | Sébastien Bozon / AFP
Al Barr, chanteur des Dropkick Murphys, lors d'un concert aux Eurockéennes de Belfort en 2017. | Sébastien Bozon / AFP

Les concerts en ligne peuvent-ils sauver la musique?

Dix millions de personnes ont assisté à un livestream des Dropkick Murphys. Travis Scott a fait mieux dans «Fortnite».

Le dernier concert des Dropkick Murphys, organisé pour la Saint-Patrick le 17 mars et diffusé en direct sur YouTube, a rassemblé 10 millions de fans. Le 18 avril, les huit heures de stream improvisées par Lady Gaga pour soutenir la lutte contre le Covid-19 ont été suivies par 14,6 millions de personnes sur la plateforme de vidéos, 8 millions sur Twitter et 8 autres sur Facebook, permettant de récolter 127,9 millions de dollars [119 millions d'euros].

N'y aurait-il pas là un nouveau modèle économique à imaginer pour les artistes contraint·es d'arrêter leur activité pendant la crise sanitaire? Plus facile à dire qu'à faire: les musicien·nes tirent l'essentiel de leurs revenus des concerts physiques.

Avant que la pandémie ne paralyse toute l'industrie, le cabinet d'audit PwC estimait à 28,8 milliards de dollars [26,8 milliards d'euros] les recettes que pourraient générer les concerts en 2020.

Coup de pouce de YouTube

Face à la fermeture des salles et à l'annulation des concerts ou festivals, les artistes et leur management doivent trouver des alternatives. Selon le Wall Street Journal, YouTube compterait introduire prochainement de nouvelles options pour leur venir en aide et rendre leurs livestreams plus rémunérateurs.

Il est par notamment question d'un système d'abonnement payant pour accéder à des contenus exclusifs ou en avant-première et assister à des rencontres virtuelles avec ses musicien·nes préféré·es. Ces revenus risquent néanmoins de ne pas être suffisants pour combler l'actuel manque à gagner.

Le groupe Universal, l'un des plus grands producteurs de l'industrie musicale, prête de son côté de l'équipement aux artistes et les coache pour leurs performances en ligne.

L'idée est de mettre au point un «studio prêt à l'usage» en leur livrant de quoi gérer l'audio, la vidéo et l'éclairage et en leur fournissant un accompagnement technique pour l'installation à domicile. Universal aide également les artistes à diffuser simultanément sur YouTube, Facebook et les autres réseaux sociaux et à interagir avec leurs fans.

Il existe un autre coin du monde virtuel où s'ouvrent de nouvelles perspectives pour les stars de la musique: le 23 avril, Travis Scott a attiré 12,3 millions d'internautes à son premier concert de quinze minutes dans le jeu en ligne Fortnite.

Ce concentré d'art virtuel, dont la première partie a été plutôt originale (ce n'est pas tous les jours que le public se lance dans un «battle royale» sanglant en attendant l'artiste), a bénéficié de quatre rappels –signe de sa réussite.

Epic Games, l'éditeur de Fortnite, avait en effet prévu une «tournée» pour le rappeur américain, afin que les gamers de tous les fuseaux horaires puissent vivre l'expérience.

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