Peut-être reste-t-il tout de même un peu d'espoir pour le chardonnay israélien? | Menahem Kahana / AFP
Peut-être reste-t-il tout de même un peu d'espoir pour le chardonnay israélien? | Menahem Kahana / AFP

La fin de l'orange de Jaffa, symbole de la mutation économique d'Israël

L'agriculture israélienne ne représente plus que 2% des exportations de biens du pays, dont l'économie se tourne désormais vers une tech florissante.

Cultivées depuis le XIXe siècle, les oranges de Jaffa sont connues dans le monde entier pour leur goût et leur chair juteuse. Leur production, pourtant, n'a cessé de décroître depuis les années 1980. En cause, la baisse de compétitivité des exportations agricoles et des ressources en eau toujours plus réduites.

Dans le même temps, les collines surplombant Tel-Aviv voient leurs vergers disparaître peu à peu, remplacés par des centres commerciaux et des complexes immobiliers, tandis que les secteurs d'activité de la tech et de l'industrie pharmaceutique y implantent leurs bureaux.

Si le système d'irrigation en Israël est l'un des plus performants du monde, l'eau reste naturellement rare dans la région, d'où son prix élevé. Idan Zehavi, issu d'une famille de cultivateurs d'oranges depuis trois générations, indique à Bloomberg devoir débourser en moyenne 2.000 shekels [environ 500 euros] mensuels pour faire tourner sa plantation.

Le changement climatique perturbant la régularité des précipitations et faisant craindre la multiplication des sécheresses, nombre d'agriculteurs ont d'ores et déjà abandonné l'orange pour le raisin, l'olive ou la graine d'argan, moins gourmandes en eau.

Des champs aux start-ups

Le sort du monde agricole s'est retrouvé au cœur de la campagne pour les élections législatives du 2 mars en Israël. Benyamin Netanyahou a promis d'apporter son soutien aux acteurs de la filière, les qualifiant de «véritables patriotes» qui «protègent le territoire». Son grand rival Benny Gantz a fait des déclarations similaires, saluant lui aussi le rôle primordial joué par les cultivateurs et les agriculteurs.

Alors que l'agriculture israélienne est en déclin, la tech, elle, a connu un développement rapide et massif. Elle représente aujourd'hui 10% des emplois du pays et a engendré une augmentation de l'exportation de services, pour un total de 50 milliards de dollars en 2019. Le secteur pourrait bientôt surpasser l'exportation de produits manufacturés –une grande première dans l'histoire du pays.

Karnit Flug, ancien gouverneur de la Banque centrale israélienne, ne voit rien d'étonnant à cette transformation, qu'il estime souhaitable sur le plan économique: «Israël n'a aucun avantage comparatif en agriculture, l'eau et la terre n'y existent pas en abondance.»

Pour autant, plus de 200 start-ups se sont spécialisées dans le secteur agricole. C'est le cas de Netafim, spécialiste de l'irrigation goutte-à-goutte, qui développe des capteurs et des logiciels permettant de contrôler précisément la quantité d'eau utilisée.

Taranis, créée en 2015, s'intéresse de son côté à l'imagerie aérienne en haute résolution, afin d'aider les cultivateurs à mieux cerner les besoins en eau ou en pesticides de leurs cultures.

Quant à Vertical Field, qui existe depuis 2006 et a déjà fait son entrée sur le marché américain, elle développe un système de cultures verticales, synonyme de gains d'espace et d'économies d'eau.

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