Un livreur Uber Eats dans les rues de Paris, en 2020. | Philippe Lopez / AFP
Un livreur Uber Eats dans les rues de Paris, en 2020. | Philippe Lopez / AFP

Les liaisons dangereuses d'Uber Eats & co avec l'extrême droite italienne

En signant un accord avec le syndicat minoritaire UGL, les plateformes de livraison tentent d'échapper à la régulation.

Un accord «pirate»? Le 16 septembre, plusieurs plateformes italiennes de livraison de nourriture ont dévoilé la convention collective signée avec le syndicat minoritaire d'extrême droite UGL.

«Il s'agit d'une avancée importante qui montre qu'il est possible d'accroître la sécurité des travailleurs indépendants dans l'Union européenne», assure Matteo Sarzana, directeur général de Deliveroo Italie et président de l'organisation patronale Assodelivery.

Cet accord s'inscrit dans ce que le PDG d'Uber appelle une «troisième voie» pour les personnes qui travaillent sur ces plateformes: un statut d'indépendant, mais une rémunération garantie et un certain nombre d'avantages.

«[L'accord] valide la flexibilité du travail, qui est un élément clé recherché par les [livreurs]. Deuxièmement, cela leur donne davantage de droits sociaux, pour lesquels des entreprises comme nous sont prêtes à payer», se félicite Sacha Michaud, cofondateur de Glovo.

En novembre 2019, l'Italie a voté une loi qui garantissait aux travailleurs et travailleuses des plateformes le droit à des congés-maladie et à la sécurité sociale tout en préservant leur statut d'indépendantes.

Elle donnait un an aux entreprises de livraison à domicile pour parvenir à un accord avec les syndicats, sans quoi le gouvernement interviendrait pour fixer des règles supplémentaires. L'accord avec l'UGL leur permet donc d'éviter une nouvelle régulation, notamment en ce qui concerne la rémunération minimale.

Colère des autres syndicats

«L'accord [avec l'UGL] accorderait aux travailleurs un salaire horaire brut minimum de 10 euros, des primes pour le travail de nuit et par mauvais temps, des équipements de sécurité et une assurance contre les dommages. Les plateformes s'engagent également à maintenir la transparence de leur système de classement et à ne pas punir les coursiers qui refusent du travail», explique Politico.

Deux problèmes sont soulevés par cet accord. D'abord, l'UGL est un syndicat proche de l'extrême droite: c'est le successeur du CISNAL, qui était lié au parti néofasciste MSI, et ses dirigeants soutiennent la Ligue, le parti italien d'extrême droite.

Ensuite, l'UGL est une organisation minoritaire et non représentative; les principaux syndicats italiens, comme l'UGIL, défendent un statut de salarié pour les livreurs. Ce dernier, qui a rédigé un autre accord en ce sens déjà signé par vingt et une organisations patronales, dénonce celui de l'UGL.

«Ce sera la première convention collective qui prive des travailleurs de leurs droits», déplore Valerio De Stefano, professeur de droit du travail à l'université de Louvain.

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