Les simulateurs ne sont pas réservés aux pilotes. Désormais, même les DRH en ont. | Stephan Sorkin via Unsplash
Les simulateurs ne sont pas réservés aux pilotes. Désormais, même les DRH en ont. | Stephan Sorkin via Unsplash

Un jeu en réalité virtuelle pour s'entraîner à licencier

Très prisée en entreprise, la VR peut former à beaucoup de choses.

Vous recevez Barry dans votre bureau. Cet employé d'une soixantaine d'années a fait l'objet de plusieurs plaintes de ses collègues ces derniers mois et vous avez décidé de le licencier. Votre rôle est donc désormais de lui annoncer la nouvelle, sans faire de vagues.

Cette situation est l'une de celles proposées par Talespin, une société spécialisée dans l'application de la réalité virtuelle (VR) en entreprise. Longtemps présentée comme l'avenir du divertissement, c'est pour l'instant plutôt dans le domaine professionnel que brille la VR.

La technologie est notamment utilisée pour la formation du personnel. L'an dernier par exemple, Walmart a acheté 17.000 casques Oculus Rift destinés à former ses équipes. Ainsi, les employé·es peuvent apprendre à utiliser une machine sans avoir à la manipuler directement ou s'entraîner à appliquer des consignes de sécurité sans risquer de se blesser.

Talespin propose donc ce genre de simulations, ainsi que d'autres fonctionnalités comme de la visualisation de data en 3D. La société offre aussi, et c'est ce qui nous intéresse ici, des simulations de relations sociales grâce à ce qu'elle appelle ses «humains virtuels».

Simulateur pour DRH

Barry est l'un de ces humains virtuels. Entièrement modélisé en 3D, il peut comprendre ce que vous lui dites et adapter ses réactions. Comme dans un jeu vidéo, les dialogues suivent une trame à choix multiples.

Ici, les réponses possibles s'affichent au-dessus de la tête du personnage. Pour chacune, quelques mots-clés sont affichés en gras. Tant que ces mots sont prononcés, le personnage comprend. Ainsi, il est possible de personnaliser sa réponse.

Selon la manière dont vous lui parlez, Barry réagit plus ou moins bien, il peut étouffer des sanglots, se cacher la tête dans les mains, se mettre à pleurer ou bien s'énerver et commencer à crier. Selon Talespin, ce programme vise à aider les cadres à développer leurs «soft skills», leurs compétences relationnelles.

D'autres situations sont possibles, comme une vente à un·e client·e, un bilan de performances, etc. La prestation d'un·e employé·e peut être observée et commentée par ses collègues ou sa direction.

Il y a deux manières de concevoir ces méthodes d'entraînement. Talespin explique que l'objectif est de pousser à respecter les conseils développés par la Harvard Business Review, afin que l'expérience, lorsqu'elle se produira dans la réalité, soit meilleure pour tout le monde (la personne licenciée, celle qui procède au licenciement et le reste de l'équipe).

Il est toutefois difficile de ne pas y voir un programme permettant de se confronter un nombre illimité de fois à une telle situation de manière réaliste. Un très bon moyen, même non désiré, de désensibiliser ses cadres.

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