Kim Kardashian et Paris Hilton au défilé Tracy Reese, à New York, en 2009. | Amy Sussman / AFP

Kim Kardashian et Paris Hilton au défilé Tracy Reese, à New York, en 2009. | Amy Sussman / AFP

Comment le «courtier des sex-tapes» profite de l'économie du silence à Hollywood

Entre fixeur et maître chanteur, Kevin Blatt est la bête noire des stars hollywoodiennes.

Quel est le point commun entre Paris Hilton, Kim Kardashian, Hulk Hogan et Colin Farrell? Toutes ces célébrités ont vu leurs ébats sexuels filmés et diffusés sans leur accord. Et toutes ces vidéos sont passées entre les mains de Kevin Blatt.

Inconnu du grand public, Blatt est le coup de téléphone que les agents de star redoutent le plus de recevoir. Depuis le début des années 2000, cet homme sur lequel Wired a récemment enquêté s'est forgé une réputation de «sex-tape broker» ou courtier des sex-tapes: un intermédiaire entre maître chanteurs, victimes et tabloïds.

Blatt acquiert sa notoriété en 2003 lorsqu'il est engagé par Marval, une société ayant acheté la sex-tape de Paris Hilton, pour assurer sa publicité. L'affaire que Hilton, 18 ans à l'époque de la vidéo, a récemment décrit comme un «viol numérique», fait alors couler beaucoup d'encre et Blatt est catalogué comme l'homme vers qui se tourner lorsque l'on veut exploiter une vidéo de ce type.

L'affaire lui permet aussi de mettre en place un mode opératoire: offrir une résolution discrète et, si ça ne marche pas, faire le maximum de publicité autour de la sex-tape afin que les victimes acceptent une diffusion légale ou que la vente soit lucrative, même en cas de procès.

Économie du silence

Wired explique que la grande majorité des sex-tapes hollywoodiennes ne sont pas publiques, parce que ce ne sont pas forcément les plus rentables pour les extorqueurs, et que le risque en vaut rarement la peine.

Il existe en effet à Hollywood, une réelle économie de la «hush money», ou «monnaie du silence», avec ses avocats, ses médias et ses truands. Et lorsqu'une transaction est effectuée, peu importe où va l'argent: Kevin Blatt touche souvent une commission.

L'une des clés de son succès est de toujours savoir se placer à l'extrême limite de la légalité. Par exemple: si lui ou les personnes qu'il représente réclament une somme précise en échange de leur silence, il s'agit d'extorsion, un crime en Californie. Mieux vaut donc systématiquement attendre que la victime fasse le premier pas, et ainsi passer à travers les mailles du filet légal.

De même, une sex-tape ne peut pas être légalement diffusée sans l'accord des personnes qui y apparaissent. En revanche, elle peut être diffusée à la presse, qui décrira son contenu, suggérer qu'elle pourrait malencontreusement se retrouver sur internet, où il sera difficile de prouver sa provenance, etc.

Malgré l'immoralité évidente de ce business, Wired affirme que Blatt estime ne pas être animé de mauvaises intentions, prétendant au contraire aider les stars à résoudre leurs tracas.

Il a par exemple aidé la police et les agents de Colin Farrell à retrouver le distributeur en ligne de la sex-tape de l'acteur. Mais, explique Wired, il était supposé s'occuper lui-même de cette vidéo –jusqu'à ce qu'il ne se fasse intimider par un concurrent.

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