Les centimes de Schrödinger. | Darío Martínez-Batlle via Unsplash

Les centimes de Schrödinger. | Darío Martínez-Batlle via Unsplash

Kyle Bass, l'homme qui parie sa fortune sur les pièces de cinq cents

Un coup de génie qui attend son heure.

Plus les prix augmentent, moins les pièces de centimes nous sont utiles. Il y a quelques dizaines d'années, une pièce de un ou deux centimes pouvait servir mais qui, aujourd'hui, les utilise réellement?

L'utilité de ces pièces de monnaie est tellement faible qu'il n'est pas rare qu'elles finissent jetées à la poubelle, car la place qu'elles prennent dans un portefeuille est plus gênante que leur valeur n'est élevée. Il est d'ailleurs relativement courant que des pays se débarrassent tout simplement des unités de monnaie les plus insignifiantes.

Seulement, contrairement aux billets de banques, qui en eux-mêmes ne valent rien, les pièces de monnaie, peu importe l'inflation, gardent toujours pour elles la valeur du métal dont elles sont faites. Ainsi, si le cours de ces métaux augmente suffisamment, une pièce d'un centime peut valoir plus qu'un centime.

Durant les années 2000, le prix du cuivre, principal composant des pièces de 5 centimes de dollar (nickels) a suffisamment augmenté pour que le métal qui les compose vaille 6,8 centimes.

Il était donc possible de faire un profit en achetant des centimes puis en revendant leurs métaux. Mais pour qu'une telle transaction vaille le coup, il est nécessaire d'en acheter une quantité colossale. Précisément ce qu'a fait un dénommé Kyle Bass en 2011.

Opération pièces jaunes

Devenu très riche en pariant contre le marché de l'immobilier américain en 2008, le milliardaire a ainsi commandé à la Fed 20 millions de pièces de 5 centimes.

À l'époque, cet achat d'un million de dollars pouvait théoriquement être revendu pour 1,6 million. Un coup de génie? Pas sûr, car ce plan comporte un certain nombre de complications.

Afin de les revendre sous forme de métal, il faut d'abord fondre les pièces. Or, cela est interdit aux États-Unis depuis 2007; une décision prise lorsque, justement, le prix des métaux rendait les pièces plus chères que leur valeur faciale.

Il y a donc peu de chances que Bass fonde les pièces lui-même. Il pourrait en revanche les revendre à une personne prête à prendre le risque. Mais pas de chance: les cours du cuivre et du nickel sont depuis redescendus sous la valeur des centimes.

L'avantage est que Bass peut revendre ses pièces à la Fed au même prix que celui auquel il les a achetées: il n'aura alors perdu que ce que lui auront coûté le transport et le stockage de ces tonnes de centimes.

Dans une interview de 2019, Bass expliquait que, huit ans plus tard, ses 20 millions de nickels attendent toujours dans un entrepôt. Après tout, tant qu'il ne les rend pas, ses tonnes de centimes demeurent un coup de génie qui attend son heure.

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