«Voulez-vous m'embaucher?», semble supplier ce fier spécimen canin. | Ken Reid via Unsplash
«Voulez-vous m'embaucher?», semble supplier ce fier spécimen canin. | Ken Reid via Unsplash

Sur LinkedIn, soyons chiens

C'est l'idée, mignonne et pas du tout farfelue, d'un designer américain pour lutter contre les biais de recrutement.

Que le recrutement professionnel passe par un algorithme spécialisé, comme c'est de plus en plus souvent le cas, ou qu'il soit effectué par un esprit tout à fait humain, on sait qu'il est soumis à de multiples biais. Femmes, personnes racisées, travailleurs et travailleuses dont on pense injustement qu'elles ont passé la date de péremption sont généralement les premières victimes de ces torsions inconscientes ou présupposés infondés.

Comme le rapporte Fast Company, les efforts louables menés par certaines firmes pour entraîner le personnel chargé du recrutement à éviter ces écueils restent globalement insuffisant.

Une enquête menée en 2017 par ProPublica et le New York Times rapportait que des entreprises majeures telles que Amazon, Verizon, Goldman Sachs ou Target s'étaient servies des outils de ciblage publicitaires de Facebook pour rendre certaines annonces invisibles aux populations les plus âgées.

Plus récemment, Reuters rapportait que les algorithmes «secrets» utilisés par Amazon pour faire le tri dans les candidatures avaient, quelle surprise, une fâcheuse tendance à écarter un peu plus de femmes que d'hommes. Et la science a prouvé que les recruteurs, quel paradoxe, préfèrent ne pas embaucher de demandeurs ou de demandeuses d'emploi.

Profils canins

Le recrutement est un parcours du combattant, et quiconque a la peau un peu sombre, des rides trop apparentes ou, plus simplement, la tête un peu patibulaire de celle ou celui dont la photogénie a toujours été proche du néant risque de ne pas passer le premier stade visuel de la lecture du CV.

D'où l'idée –brillante– qu'a eue l'américain Aaron Weyenberg, patron new-yorkais de la recherche et du développement chez TED. Elle ne révolutionnera pas les pratiques, elle ne réglera pas ces biais, mais elle fera sans doute suffisamment sourire les recruteurs pour provoquer une prise de conscience.

Weyenberg a développé une extension pour le navigateur Chrome nommée Profile of Dog et qui sur LinkedIn, plateforme centrale pour de nombre de DRH comme pour les personnes cherchant à les séduire professionnellement, remplace toutes les photos de profil par des photos d'adorables toutous.

Franchement, on voudrait embaucher tout le monde.

De quoi se concentrer un peu plus concrètement sur les compétences des candidates et candidats –sauf si, bien sûr, les recruteurs ont une préférence trop marquée pour les bergers belges et une détestation profondes pour les corgis.

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