Ne vous fiez pas à cet air sage: ex-patron de WeWork, Adam Neumann était un manager (un peu trop) punk. | Noam Galai / Getty Images North America / AFP
Ne vous fiez pas à cet air sage: ex-patron de WeWork, Adam Neumann était un manager (un peu trop) punk. | Noam Galai / Getty Images North America / AFP

Le management (très) dissolu d'Adam Neumann, patron déchu de WeWork

Sexe (et sexisme), fêtes folles, flots d'alcool, drogue, tigre: la gestion rock'n'roll de son ex-PDG a pâti à l'entreprise.

Le business model bancal de WeWork, qui a fini par avoir la peau de son entrée en bourse, n'est pas le seul à être punk. Si l'on sait depuis quelque temps que Adam Neumann, son fondateur rock'n'roll et PDG déchu, mène une vie de patachon, le récit de ses frasques que relate Business Insider révèle quelques histoires ahurissantes.

Le site a ainsi interrogé une vingtaine de personnes qui ont collaboré ou travaillé pour la société de coworking. La totalité décrit une entreprise dans laquelle les limites entre travail et sphère privée n'existent plus, où les excès sont constants –voire obligatoires– et où les prêches «inspirants» d'Adam Neumann, qui nourrissent les rêves de grande richesse des start-uppers, poussent au chaos généralisé.

Des fêtes orgiaques et impératives

«WeWork ressemblait beaucoup à une fête sans fin, témoigne ainsi une personne anonyme. C'était toujours des hauts et des bas, et Adam hurlait quoi qu'il arrive, qu'il soit heureux ou non.»

Dans les réunions, partout dans le monde, deux règles étaient implicitement posées. La tequila coûteuse consommée par Neumann en grande quantité, de la Don Julio 1942, devait couler à flots et de la musique, jouée à fond les ballons à en faire perdre leur concentration aux employé·es présent·es, devait rythmer les discussions.

Il est également question d'un séminaire obligatoire en Grande-Bretagne, où les personnes requises étaient logées sous des tentes, où l'alcool était consommé sans modération et où, rapporte Business Insider, «le son de collègues en train de faire l'amour emplissait l'air», entre deux concerts privés de Florence and the Machine ou Two Door Cinema Club.

«On parle de gens faisant l'amour dans les buissons, avalant ou sniffant ouvertement des cachets ou de la cocaïne au milieu d'une foule assistant à un concert de Bastille», se remémore une ancienne

Dans le QG de la firme, sis dans le quartier de Chelsea à Manhattan, Neumann disposait d'une grande salle de bain privative, d'un sauna et d'une table de massage.

Dans les hautes sphères de l'entreprise, la gestion des assistant·es semblait chaotique et exigeante au-delà du raisonnable. Certaines personnes salariées par la société plaisantent à propos de son activité furieuse. Elles expliquent compter désormais «en années WeWork» –une année d'activité au sein de la start-up étant équivalente à dix ans dans n'importe quelle autre firme.

Boy's club et contradictions

Le tout se déroulait dans une dynamique à l'atmosphère de boy's club, au sein de laquelle la gent féminine ne pouvait exister qu'à la marge. «On leur disait de ne pas trop s'impliquer et de ne pas parler de leurs contributions lors des grosses réunions, raconte un ancien ponte. Parfois, on en faisait venir une lors d'un meeting, simplement pour que leurs collègues mâles puissent parler en son nom.»

Business Insider pointe également les contradictions entre la philosophie publiquement poussée par Adam Neumann et ses actions personnelles. Il y est question d'une réunion avec de riches Saoudiens, dans un somptueux palais californien où un tigre traînait ses rayures, alors que naissait l'affaire du meurtre sauvage de Jamal Khashoggi.

Neumann a également été aperçu en train de dévorer un énorme jarret d'agneau, quelques jours après avoir publiquement banni toute dépense et note de frais concernant l'achat de viande.

Pour mettre de l'ordre dans ce violent désordre à la suite de la déchéance de Neumann, un duo constitué de Sebastian Gunningham et Artie Minson a été nommé. «Nous n'avons aucune tolérance pour ces comportements ou pour les discriminations, quelles qu'elles soient», ont-ils déclaré publiquement: le grand ménage peut commencer.

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