Ce que Rishi Sunak prévoit d'investir en une décennie, TSMC le fait en moins de treize jours. | Jonas Svidras via Unsplash
Ce que Rishi Sunak prévoit d'investir en une décennie, TSMC le fait en moins de treize jours. | Jonas Svidras via Unsplash

Les investissement ridiculement petits du Royaume-Uni dans les si stratégiques semi-conducteurs

La mini-enveloppe de Rishi Sunak a provoqué une grosse déception.

Vendredi 19 mai, le Premier ministre britannique Rishi Sunak a surpris tout le monde en déclarant que son gouvernement allait débloquer 1 milliard de livres (1,1 milliard d'euros) sur dix ans en faveur de l'industrie des semi-conducteurs. Comme le souligne Quartz, le montant de l'enveloppe, attendue depuis deux ans par ce secteur si porteur, a véritablement déçu les observateurs et observatrices.

La somme semble effectivement bien maigre si on la compare aux 52 milliards de dollars (48,2 milliards d'euros) promis par les États-Unis dans le cadre du Chips Act, plan de revitalisation des semi-conducteurs dévoilé à la fin de l'hiver. Et en avril, l'Union européenne a annoncé le lancement d'un programme de relance de la production de semi-conducteurs, dont le montant avoisine les 43 milliards d'euros.

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Même TSMC, le géant mondial du semi-conducteur, se montre à lui seul plus généreux et plus ambitieux: au 31 mars 2023, les dépenses de l'entreprise taïwanaise sur les douze derniers mois s'élevaient à environ 34 milliards d'euros, soit plus de trente fois ce que le Royaume-Uni prévoit d'investir sur dix ans. Formulé autrement, c'est encore plus démentiel: ce que Rishi Sunak prévoit d'investir en une décennie, TSMC le fait en moins de treize jours.

Situation tendue

Il faut dire que les investissements importants consentis par l'Union européenne ou les États-Unis se justifient pleinement. La pandémie de Covid-19 a entraîné l'arrêt de nombreuses chaînes de production, d'où un nombre conséquent de pénuries. Or les semi-conducteurs sont devenus si essentiels qu'aucun pays ne peut plus s'en passer: on les trouve dans les téléphones, les ordinateurs, les distributeurs de billets, les trains, les appareils médicaux... et même internet en a besoin pour fonctionner à plein régime, rappelle Quartz.

La situation actuellement très tendue entre la Chine et Taïwan pourrait en outre créer de nouvelles pénuries. Le comportement agressif de Pékin fait peur aux investisseurs, dont l'homme d'affaires américain Warren Buffett, qui vient de vendre l'intégralité de ses actions TSMC six mois à peine après les avoir acquises. Valeur totale: 4,1 milliards de dollars, soit 3,8 milliards d'euros.

Il est donc temps pour les nations de prendre en main leur propre production de semi-conducteurs, et cela, le Royaume-Uni ne semble pas avoir pris la mesure. Dans une déclaration officielle, on apprend que le gouvernement n'a pas l'intention d'entrer dans la grande compétition du semi-conducteur, mais que son objectif porte davantage sur «le développement de la puissance britannique dans des domaines où elle est en position de force: les semi-conducteurs composés, la propriété intellectuelle et le design».

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