Percer les insondables soubresauts des marchés boursiers, c'est la fortune assurée. | Spencer Platt / Getty Images North America / AFP
Percer les insondables soubresauts des marchés boursiers, c'est la fortune assurée. | Spencer Platt / Getty Images North America / AFP

Une intelligence artificielle aurait-elle découvert le graal boursier?

Selon Jeff Glickman, 60% des prédictions de son IA sont justes: un score au-delà des meilleurs fonds spéculatifs.

Le cours de la Bourse est complexe, mystérieux et surtout… aléatoire. C'est pourquoi aucune intelligence artificielle n'est jamais parvenue à déterminer les meilleurs investissements et que les fonds spéculatifs les plus réputés, comme Renaissance Technologies, s'en tirent au mieux avec 51% de réussite.

Analyser parfaitement les mouvements boursiers pour anticiper l'avenir semblait être une tâche impossible, jusqu'à ce que l'entrepreneur Jeff Glickman affirme avoir mis au point une intelligence artificielle capable de prévoir les courbes.

Son entreprise, J4 Capital, a récemment réalisé d'importants profits malgré la crise du Covid-19, alors que ni lui, ni son équipe n'est issue du sérail du trading.

Génie de l'informatique, Glickman a pris la direction de son premier laboratoire à l'âge de 16 ans, conseillé Ford, General Motors et travaillé sur plusieurs projets du Pentagone.

C'est au cours de l'un de ces derniers, dans les années 2000, qu'il a l'idée de s'appuyer sur un modèle mathématique s'appliquant aux particules pour développer une IA capable de prédire le cours de la Bourse. «Mais peu importe ce que j'essayais, rien ne marchait sur les marchés boursiers», confie Glickman à Fast Company.

En 2004, l'Américain réalise qu'il a besoin de travailler avec un autre genre de logiciel: une intelligence artificielle en mesure de prouver des théorèmes et de se reprogrammer elle-même, afin de développer de nouveaux modes de traitement des données financières.

S'il faudra encore dix ans à Glickman pour affiner son concept, l'homme a senti très tôt que son idée tenait la route et que le défi n'était plus hors de portée. En 2015, il allume enfin son super-ordinateur, alimenté par 400 serveurs.

Machine learning

Pendant vingt-quatre heures, la machine réalise des calculs sous la surveillance de Glickman et de son associé. À la fin de la journée, témoigne-t-il, «on a regardé ce qu'on avait obtenu, on s'est gratté la tête et on a réalisé: “Oh mon Dieu, nous n'avons aucune idée de ce qu'elle vient de faire.”»

Une année supplémentaire est nécessaire pour décrypter les huit premières heures de travail de l'intelligence artificielle et la logique qu'elle a développée. Mais le jeu en vaut la chandelle: les deux ingénieurs constatent qu'elle apprend et qu'elle a déjà compris comment fonctionnait le marché boursier; tout ce qui lui manque, c'est de l'entraînement.

Il est compliqué d'expliquer en détail le fonctionnement de J4 Capital, l'entreprise qu'a depuis bâtie Glickman. Parce qu'elle repose entièrement sur les rouages complexes de son IA (certains sont tenus secrets, d'autres sont si complexes que même ses créateurs ne connaissent pas leur mode opératoire), il n'est possible de faire confiance qu'à ses promesses et, surtout, à ses résultats.

Et ceux-ci sont loin d'être mauvais: 60% de prédictions réussies, un taux record pour un fonds spéculatif lancé il y a un an et composé de quatre employé·es seulement.

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