Une forme véritable de collaboration, pour le bien commun. | Sharon McCutcheon via Unsplash
Une forme véritable de collaboration, pour le bien commun. | Sharon McCutcheon via Unsplash

La médecine en open source pourrait nous préparer pour la prochaine pandémie

Le partage des données permet d'accélérer l'élaboration de médicaments.

Devrait-il exister un système de partage open source pour la création de médicaments? Sur un plan éthique, difficile de défendre la thèse du «non». Sur celui de l'économie en revanche, la situation parle d'elle-même: les laboratoires pharmaceutiques ont la mainmise sur les recherches menées par leurs équipes, sur la production de médicaments et sur leur distribution au grand public. Et ce souvent bien au-delà de l'expiration des brevets puisque les résultats des recherches sont jalousement conservés entre les quatre murs de l'entreprise.

«Le système est construit pour bénéficier à ceux qui se font de l'argent dessus au détriment de ceux qu'il est supposé servir, ce qui est un raisonnement complètement inversé», explique à Fast Company David Mitchell, créateur du groupe de défense Patients for Affordable Drugs.

C'est pourquoi Jaykumar Menon, un avocat des droits de l'homme, a développé Open Source Pharma Foundation (OSPF). Il s'agit d'une plateforme qui permet aux scientifiques d'accéder gratuitement à des outils technologiques pour étudier les maladies, partager leurs découvertes et lancer des projets de recherches pour de nouvelles molécules et médicaments potentiels.

Un projet qui permettrait théoriquement aux médicaments d'être produits en fonction de leur efficacité et de leur besoin plutôt que sur la base de la seule rentabilité.

Une première victoire

Souvent comparée à un GitHub (une plateforme de développement logiciel participative) de la pharma, OSPF ne peut toutefois pas prétendre à l'analogie. «Un médicament n'est pas assemblé comme un logiciel, il est suggéré et validé par une foule de personne», explique Menon à Fast Company.

«Les logiciels peuvent être divisés en morceaux, avec une personne qui écrit un pilote de souris tandis qu'une autre s'occupe de l'affichage des graphiques; ce n'est pas le cas des médicaments. Vous ne pouvez pas avoir la moitié d'un médicament.» L'avocat préfère d'ailleurs être comparé à LAMP (Linux, Apache, MySQL et PHP), les différentes couches logicielles derrière la plupart des applications web open source.

L'OSPF compte pour le moment une seule victoire à son actif, mais elle est très prometteuse: en l'espace d'un an (2018-2019), Menon et son équipe ont réussi à faire passer la metformin, le médicament générique pour le diabète, en phase 2B (une étape très avancée) des recherches cliniques pour le traitement pour la tuberculose.

Et ce pour moins de 50.000 dollars [46.000 euros], une somme inédite –développer un nouveau médicament coûte en moyenne 2,6 milliards de dollars [2,3 milliards d'euros] et prend beaucoup plus de temps.

«C'est notre moment», souligne Bernard Munos, un ancien stratège d'entreprise pour la société pharmaceutique Eli Lilly. Il défend une approche open source pour le développement des médicaments depuis 2006. «L'enjeu est de taille [avec la crise actuelle] car s'il est couronné de succès, le modèle open source pourrait être reproduit afin de relever d'autres défis dans le domaine de la recherche biomédicale.»

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