Wall Street semble rester aveugle aux réalités du monde dont elle est supposée être le thermomètre. | Sajjad Hussain / AFP
Wall Street semble rester aveugle aux réalités du monde dont elle est supposée être le thermomètre. | Sajjad Hussain / AFP

Les grandes fortunes ne connaissent pas la crise

Alors que 17 millions d'Américain·es sont au chômage, le magot de Jeff Bezos a augmenté de 24 milliards de dollars.

Des milliards d'êtres humains vivent dans l'angoisse. Celle, primaire, de la survie face à la pandémie. Celle de la récession qui pointe, la pire crise depuis la Grande Dépression des années 1930, selon le FMI. Celle de ne plus pouvoir mettre un toit au-dessus de leur tête ou celles de leurs familles: brusquement sans emploi et souvent sans aucun filet social, 31% des New-Yorkais·es ont été dans l'incapacité, dans les premiers jours d'avril, de payer leur loyer.

De l'autre côté de la chaîne, tout va en revanche pour le mieux. Quel que soit le marasme, il a ses gagnant·es et l'un des principaux bénéficiaires de la crise que traverse le monde n'est autre que l'homme le plus riche du monde, Jeff Bezos.

À la tête d'Amazon, qui est souvent le meilleur recours pour des familles confinées dans des endroits sans commerces, l'Américain continue d'embaucher à tour de bras –ce sont 175.000 personnes qui ont ainsi rejoint les rangs de l'armée de l'ombre qui permet à la clientèle d'être livrée.

Tant pis s'il faut mettre à la porte celles ou ceux qui contestent des mesures sanitaires trop minimales prises en temps de pandémie. Tant pis aussi s'il faut fermer ses sites dans l'Hexagone pendant quelques jours, parce que la justice française a décidé, pour les mêmes raisons, de serrer la vis: la fortune de Bezos semble ne jamais devoir cesser de croître.

Selon les calculs de Bloomberg, l'homme d'affaires aurait gagné 24 milliards de dollars [22 milliards d'euros] depuis le début de l'année grâce aux gains boursier d'Amazon.

Mais, note le média américain, il serait injuste de ne mettre en lumière que le seul Bezos. Le portefeuille d'actions d'Elon Musk profite également, dans la tempête, des performances folles de Tesla –plus 10,4 milliards de dollars [9,6 milliards d'euros] au compteur.

De bonnes affaires

Le gros gadin boursier de début de crise a coûté cher à certaines fortunes milliardaires, en particulier dans les secteurs énergétiques. Dans d'autres domaine, il a en revanche déjà été en partie effacé. Surtout, il a permis à de nombreuses personnes aux comptes en banques bien fournis de faire de très bonnes affaires.

Bloomberg donne ainsi l'exemple du conglomérat touristique Carnival Corp., célèbre notamment pour ses croisières, une activité qui s'est transformée en cauchemar avec la pandémie. L'un des membres du board de la firme, Randall Weisenburger, a acheté au creux de la vague pour 10 millions de dollars d'actions. Le lendemain, le cours de l'entreprise bondissait de 56%: joli gain.

Selon Sundial Capital Research, le volume des transactions des valeurs les plus frappées par la crise montre que Weisenburger n'est pas le seul à flairer les bonnes affaires, et que les investisseurs continue à avoir une solide confiance en la capacité du marché à retrouver ses cimes stratosphériques.

Que ces niveaux soient ou non corrélés aux performances de l'économie réelle est une autre question, puisqu'il s'agit presque d'un autre monde. Comme le note Bloomberg dans un autre article, Wall Street semble rester étrangement aveugle aux réalités du monde dont elle est supposée, d'une manière ou d'une autre, être le thermomètre.

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