Des cochons s'engouffrent dans la cage prête à être embarquée en direction de la Chine, le 10 mars 2020 à Guipavas. | Fred Tanneau / AFP

Des cochons s'engouffrent dans la cage prête à être embarquée en direction de la Chine, le 10 mars 2020 à Guipavas. | Fred Tanneau / AFP

Des milliers de cochons bretons s'envolent en 747 pour la Chine

L'industrie du transport aérien de marchandises est chamboulée par l'épidémie de Covid-19.

Le 10 mars dernier, ce sont des passagers inhabituels qui ont embarqué à l'aéroport de Brest. Un millier de porcs reproducteurs français ont parcouru plus de 10.000 kilomètres dans des cages en bois harnachées au sol d'un Boeing 747 en direction de la province de Shanxi, en Chine.

Le Volga-Dnepr Group, une compagnie aérienne russe, explique à Bloomberg avoir envoyé 3.000 animaux français vers la Chine depuis le début de l'année. Ils serviront à repeupler les élevages porcins chinois, décimés en début d'année par une fièvre porcine. Sur cette dernière se sont ajoutées les mesures de quarantaine qui ont causé une pénurie de porc en Chine. L'animal étant la plus importante source de protéine du pays, Pékin cherche par tous les moyens à se réapprovisionner, le plus vite possible.

Les États-Unis ont récemment remplacé l'Europe en tant que plus gros fournisseur de porc de la Chine. En tout, le pays de l'oncle Sam y a exporté 254.533 tonnes de cochon entre janvier et avril de cette année. Ce sont 10 tonnes de plus que pour l'ensemble de l'année 2019.

Chute du trafic aérien de marchandises

Les pays du monde entier ont besoin de répondre à des demandes inattendues et de compenser prestement diverses pénuries. La situation a transformé l'industrie du transport aérien de marchandises.

«Auparavant, près de la moitié des marchandises transportées par avion l'étaient dans la soute des avions de ligne, explique Alexey Isaykin, le fondateur du Volga-Dnepr Group. Maintenant qu'ils ont disparu du marché, la demande pour les avions cargos a augmenté et les prix ont plus que doublé.»

D'après l'Association internationale de transport aérien, si la demande a baissé de 28% en avril comparativement à la même période l'an dernier, la capacité de transport s'est quant à elle effondrée de 42%.

Cependant le risque plane que cette popularité soudaine soit de courte durée. Les fournitures médicales représentent en ce moment près de la moitié de toutes les marchandises échangées par avion. Or, leur commerce devrait se réduire au fur et à mesure que le virus s'éloigne.

La reprise du trafic aérien d'avions de ligne devrait de son côté reprendre progressivement et il reste difficile de savoir quand l'activité des compagnies aériennes reviendra à la normale.

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