Des enveloppes chinoises, des graines fantômes et des algorithmes: drôle d'embrouillamini. | Frédérique Voisin-Demery via Unsplash
Des enveloppes chinoises, des graines fantômes et des algorithmes: drôle d'embrouillamini. | Frédérique Voisin-Demery via Unsplash

Les graines chinoises ou l'escroquerie du «brushing»

Des Américain·es reçoivent par la poste des semences de Chine qui n'ont jamais été commandées.

Le ministère américain de l'Agriculture prend le problème au sérieux: de nombreuses personnes ont reçu des sachets de graines envoyés depuis la Chine, qu'elles n'avaient jamais commandés. D'autres ont atterri au Canada et au Royaume-Uni.

Les agences compétentes ont récupéré ces produits pour les tester. Elles veulent s'assurer qu'ils ne donnent pas naissance à des plantes dangereuses ou invasives. Des procédures spécifiques de destruction vont être mises en place.

Pour l'instant, les résultats des analyses ne sont pas alarmants: graines de concombre, de fleurs ou de melon... Rien de bien dangereux a priori. Ces envois semblent plutôt liés à une forme d'escroquerie au e-commerce répandue en Chine: le brushing.

Voici son fonctionnement: le vendeur paye un brusher pour qu'il passe une commande chez lui. Le vendeur expédie ensuite celle-ci à une tierce personne, mais elle ne contient pas le produit acheté: le colis est vide ou contient une autre marchandise de faible valeur –ici des graines. Certains brushers postent aussi des avis élogieux sur leur commande.

Un brushing impeccable

Quel intérêt à faire ça? La manœuvre permet de gonfler artificiellement le nombre de ventes effectuées –éventuellement le nombre d'avis positifs aussi– et donc de se faire passer pour un gros vendeur.

Selon une étude réalisée en 2015, les vendeurs recourant au brushing peuvent améliorer leur e-réputation dix fois plus vite que leurs collègues plus honnêtes, et donc être mieux référencés par les sites de vente en ligne. 2,2% d'entre eux se font prendre, car l'opération est illégale en Chine comme ailleurs.

Selon le Wall Street Journal, le phénomène serait courant sur des plateformes comme Alibaba, et Shanghai peine à l'éradiquer. Certains brushers proposent leurs services directement sur les sites de e-commerce; d'autres font payer des formations.

Dans un article plus ancien, un vendeur expliquait au WSJ que sans le brushing, les produits sont tellement mal référencés par Alibaba que la clientèle n'a quasiment aucune chance de les trouver.

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