Le co-PDG de Netflix Reed Hastings lors de l'inauguration des locaux de Netflix France, le 17 janvier 2020. | Christophe Archambault / AFP

Le co-PDG de Netflix Reed Hastings lors de l'inauguration des locaux de Netflix France, le 17 janvier 2020. | Christophe Archambault / AFP

«Keeper's Test»: les ressources humaines impitoyables de Netflix

Avec cette méthode mise au point par le patron Reed Hastings, tout le monde est toujours sur la sellette.

Chez Netflix, tout ne tient jamais qu'à un fil. Les internautes savent qu'après quelques saisons, même les séries les plus populaires risquent d'être annulées sans crier gare. Dans son nouveau livre, No Rules Rules, le PDG du service de streaming Reed Hastings explique que la même politique s'applique à ses employé·es.

Pour déterminer qui garder, Hastings a imaginé une méthode qu'il a nommée le «Keeper's Test». Il la détaille dans son ouvrage: «Si une personne démissionnait demain, tenteriez-vous de lui faire changer d'avis? Ou accepteriez-vous sa démission, peut-être avec un peu de soulagement? Si c'est la seconde option, donnez-lui des indemnités de licenciement dès maintenant.»

C'est ainsi que le service de streaming a choqué toute l'industrie début septembre en se débarrassant de Cindy Holland, la vice-présidente du contenu original. Holland a longtemps fait la pluie et le beau temps chez Netflix et est derrière les séries les plus emblématiques de la plateforme: Stranger Things, Orange is the New Black, House of Cards, The Crown, etc.

Machine bien huilée

Rien de précis n'est pourtant reproché à Cindy Holland. Il semblerait qu'elle n'était simplement plus, aux yeux de la direction, le rouage idéal pour faire fonctionner la machine bien huilée qu'est Netflix.

Autrement dit, personne n'est en sécurité, y compris les employé·es qui n'ont à priori rien à se reprocher. Est-ce une bonne méthode? Comme le détaille Quartz, Netflix licencie un peu plus que les autres entreprises américaines, mais pas démesurément (8% contre 6% en moyenne). Seulement 4% des employé·es quittent volontairement l'entreprise chaque année, contre 13% en moyenne aux États-Unis.

Netflix se défend ainsi de pratiquer le management par la peur pour motiver ses troupes. Mais le «Keeper's Test», en se basant sur le ressenti plus que sur des performances objectives, parvient à entretenir une peur généralisée du licenciement, alors que le risque réel n'est pas si élevé.

Hastings l'assume en partie. Dans une interview avec Variety, il explique: «Nous devons engager les profils psychologiques qui peuvent mettre [cette peur] de côté et aspirent à travailler avec des collègues de qualité (…) C'est ça leur véritable amour, pas la sécurité de l'emploi. Si la sécurité de l'emploi est leur priorité, nous sommes clair: nous ne sommes pas l'endroit pour vous.»

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