Nike interdit à ses employés de revendre des sneakers. | Matthew Dagelet via Unsplash

Nike interdit à ses employés de revendre des sneakers. | Matthew Dagelet via Unsplash

Un revendeur de sneakers coûte sa place à une vice-présidente de Nike

West Coast Joe n'était autre que Joe Hebert, fils de la dirigeante démissionnaire Ann Hebert.

Deux milliards, pour la seule Amérique du Nord. C'est la somme à laquelle les analystes de la banque d'investissement Cowen évaluent le marché de la revente de sneakers –le double de ce qu'il représentait en 2014.

Aujourd'hui, les baskets en édition limitée sont un investissement qui ne comprend quasiment aucun risque, puisque aussitôt que les paires sont écoulées, elles s'échangent plus cher, parfois beaucoup plus cher sur le marché «gris» de la revente. Il a donc attiré des centaines d'entrepreneurs et spéculateurs prêts à tout pour en profiter.

Dans un article sur le phénomène, Bloomberg a réalisé un portrait de West Coast Joe, un adolescent qui a quitté la fac pour se consacrer à la revente de streetwear. Une activité lucrative, puisqu'il retourne l'équivalent de centaines de milliers de dollars de chaussures chaque mois. Seul hic, Bloomberg révèle aussi que le vrai nom de West Coast Joe est Joe Hebert, le fils de Ann Hebert.

Ann Hebert n'est pas n'importe qui. Elle occupait jusqu'à fin février le poste de vice-présidente et manager générale pour l'Amérique du Nord. À la suite de cette révélation, elle a immédiatement démissionné. Pour le départ d'une membre de sa direction, employée par l'entreprise depuis vingt-cinq ans, Nike s'est contenté d'un communiqué lapidaire de deux phrases.

Concurrence déloyale

Cette démission abrupte montre qu'un tel scandale de revente est désormais traité aussi sérieusement qu'un délit d'initié. Les employés de Nike ont évidemment interdiction de revendre des sneakers, plus encore pour réaliser un profit personnel; Bloomberg a précisé que Joe avait pour habitude d'utiliser une carte bancaire au nom de sa mère.

Toutefois, un porte-parole de Nike affirme qu'Hebert avait prévenu la firme qui l'emploie des activités de son fils, et que cela ne constituait «pas une violation des règlements de l'entreprise».

Violation ou pas, le média Complex explique que l'article de Bloomberg a rapidement causé un scandale parmi les resellers et sneakerheads, devenus très soupçonneux envers West Coast Joe.

L'adolescent a raconté à Bloomberg utiliser des bots afin de couper les files numériques et contourner les systèmes prévus pour que chaque internaute n'achète qu'une seule paire. Or, SNKRS, l'application dédiée de Nike, placée sous la direction d'Hebert, lutte activement contre ces bots.

Joe est désormais aussi soupçonné d'avoir obtenu des chaussures via ses connexions et d'acheter de nombreuses paires à moindre coût dans des magasins d'usine, en utilisant les accès de sa mère.

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