De l'or, beaucoup d'or –que Nicolás Maduro ne verra a priori jamais. | Andrzej Barabasz via Wikipedia Commons
De l'or, beaucoup d'or –que Nicolás Maduro ne verra a priori jamais. | Andrzej Barabasz via Wikipedia Commons

Le Venezuela n'aurait pas dû stocker son or à la Banque d'Angleterre

Président contesté, Nicolás Maduro aimerait que l'établissement lui rende son or. Mais ce dernier a choisi le camp opposé.

C’est la valeur refuge ultime, le métal qui mesure la véritable richesse des nations. Il pourrait décider du vainqueur de la bataille féroce que se livrent Nicolás Maduro, président en exercice depuis mai 2018 suite à des élections très contestées, et Juan Guaido, président de l’Assemblée nationale du pays, autoproclamé président de la République par intérim le 23 janvier.

Depuis l’ère Chávez et la totale aversion de ce dernier pour le dollar américain, l'or reste la valeur préférée de la République bolivarienne pour la gestion de ses richesses, notamment pétrolières. Une partie de ses stocks a déjà été rapatriée puis injectée dans l'économie du pays pour tenter d'amortir, sans grand résultat, les effets de la profonde crise économique et sociale qu'il traverse.

Sentant le vent tourner et désireux d’armer financièrement son régime pour la confrontation à venir, Nicolás Maduro tente depuis quelques semaines de rapatrier les tonnes de métal précieux que le Venezuela avait confiés aux bons soins de la Banque d’Angleterre. La vénérable institution détient ainsi 1,2 milliard de dollars en or appartenant au pays d’Amérique Centrale, soit un peu plus d’1 milliard d’euros.

Le nerf de la guerre restera en Angleterre

Le gouvernement britannique, qui a rapidement suivi les États-Unis dans leur reconnaissance sans équivoque de Juan Guaido, a affirmé que le destin de ces lingots était entre les mains de la Bank of England, et d’elle seule. Mais cette dernière, dont les coffres contiennent la deuxième plus grosse réserve d’or au monde après la New York Federal Reserve avec 400.000 lingots, semble s’aligner sur les positions du gouvernement britannique, que commencent à rejoindre de nombreuses nations d’Europe continentale.

«Selon une source familière du sujet, la BOE a refusé de se plier à la demande de retrait après que le secrétaire d’État américain Michael Pompeo et le conseiller à la sécurité nationale John Bolton ont fait pression sur leurs homologues britanniques pour couper le régime de ses actifs détenus à l’étranger», explique ainsi Bloomberg.

Le Trésor américain a quant à lui déclaré qu’il «utiliserait ses outils économiques et diplomatiques pour s’assurer que les transactions commerciales du gouvernement vénézuélien, y compris celles impliquant ses réserves nationales ou ses entreprises d’état, soient en ligne» avec la reconnaissance de Juan Guaido comme président par intérim du pays.

Sous la pression diplomatique, la BOE a donc plié et choisi son camp. Nicolás Maduro devra se passer de cette coquette somme, ce qui pourrait précipiter sa chute et accélérer la transition du pays. C'est une leçon, explique Bloomberg: il ne faut jamais stocker son précieux or à l’étranger. On se souvient, notamment, de la folle histoire des réserves d'or belges et polonaises, confiées à la France à l'aube de la seconde guerre mondiale puis évacuées en catastrophe lors d’une opération de sauvetage rocambolesque et à l'issue alors très incertaine.

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