Les liens entre bubble tea et commerce international sont plus complexes qu'on ne le croit. | Lisanto 李奕良 via Unsplash
Les liens entre bubble tea et commerce international sont plus complexes qu'on ne le croit. | Lisanto 李奕良 via Unsplash

Panique aux États-Unis: la pandémie cause une pénurie de bubble tea

Loin d'être anecdotique, c'est un bon exemple de l'effet de la crise sanitaire sur le commerce mondial.

Un spectre hante la Californie: celui d'une pénurie de bubble tea. Les arrivages de billes de tapioca (ou boba) sont au point mort. Or ces billes, qui reposent au fond de gobelets de thé chaud ou glacé font toute l'originalité et la popularité de la boisson taïwanaise.

Les fournisseurs américains les importent directement depuis Taïwan, ou les produisent à partir de racines de manioc amer importées de Thaïlande, raconte le New York Times. Seulement, les cargaisons asiatiques arrivent en ce moment au ralenti.

Cette situation illustre la manière dont la pandémie a perturbé le commerce international. Car le plus frustrant pour les amateurs de boba, c'est qu'une bonne partie de leurs précieuses billes se trouvent bel et bien en Californie.

En imposant des protocoles sanitaires stricts et en perturbant la production, le Covid-19 a causé des embouteillages portuaires. Au large des ports voisins de Long Beach et Los Angeles, par lesquels transitent un tiers des conteneurs à destination des États-Unis, des dizaines de cargos attendent leur tour pour pouvoir livrer leurs cargaisons, qui peuvent prendre une semaine ou plus à décharger.

Les cafés se font de la bile

Parmi les millions de dollars que représentent ces conteneurs venus d'Asie, les billes de tapioca patientent donc sur les ponts des cargos et les quais des ports. «Tout est retenu sur les docks», se lamente auprès du New York Times une représentante de Fanale Drinks, qui approvisionne des milliers de boutiques. «Certains sont en colère contre nous, mais ce n'est pas vraiment notre faute.»

Le nombre de cargos ancrés au large de Los Angeles est descendu à dix-neuf après un pic en février, lorsque pas moins de quarante navires attendaient leur tour. Mais difficile de déterminer quand cette situation prendra fin –d'autant qu'elle est similaire à San Francisco.

«C'est très stressant, explique Aaron Qian, le propriétaire du café Tea Hut. Si on n'a pas de boba, [les clients] s'en vont. Ils ne veulent pas juste du thé.» Inventée dans les années 1980, la boisson est d'abord devenue populaire auprès des populations issues des diasporas asiatiques, pour lesquelles elle a constitué un véritable marqueur culturel. Elle s'est ensuite démocratisée dans les années 2010.

Son cas illustre aussi comment une perturbation mineure de l'approvisionnement peut s'auto-aggraver. Edward Shen, un fournisseur de boba, craint en effet que «les propriétaires paniquent et commandent plus que ce dont ils ont besoin», créant artificiellement une hausse des prix, puis une chute brutale une fois que le retour à la normale aura laissé tout le monde avec un excédent sur les bras.

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