Plus on est pauvre, plus on est pauvre. | Jonathan Kho via Unsplash
Plus on est pauvre, plus on est pauvre. | Jonathan Kho via Unsplash

La pauvreté a désormais sa propre valeur d'inflation aux États-Unis

Et il faudrait ajouter, aux chiffres officiels, 3,2 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté.

Aux États-Unis, le dicton «les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres» n'a jamais sonné si juste. L'inégalité des revenus augmente rapidement et a atteint son niveau le plus élevé depuis des décennies.

Pire: selon un rapport du Center on Poverty and Social Policy de l'Université Columbia, les chiffres officiels du nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté seraient loin de la réalité. La faute à une erreur de calcul.

Xavier Jaravel, chercheur à la London School of Economics a ainsi mis en évidence un phénomène qu'il a appelé «l'inflation des inégalités». Alors que toutes les statistiques officielles appliquent le même taux d'inflation aux personnes vivant dans des tranches de revenus différents, le chercheur suggère que l'inflation est beaucoup plus élevée pour les personnes se situant au bas de l'échelle des salaires.

Il constate que pour les 20% les plus pauvres, l'inflation réelle est supérieure de 0,44 point de pourcentage à ce qu'elle est officiellement.

De ce fait, les statistiques répandues sont erronées. Elles omettent une partie de la population qui se situe officiellement au-dessus du seuil de pauvreté, mais dont le revenu réel est inférieur à ce seuil en raison précisément de cette inflation. En 2018, il faudrait donc ajouter 3,2 millions de personnes supplémentaires aux près de 42 millions d'Américain·es pauvres.

Le serpent qui se mord la queue

Xavier Jaravel démontre que plus les salaires des classes aisées augmentent, plus les entreprises cherchent à les satisfaire. L'industrie entre donc en concurrence sur ce marché particulier, ce qui provoque une réduction des coûts.

Elle délaisse en revanche les marchés touchant les classes les moins fortunées, pour lesquels la concurrence n'influe plus sur les prix. Les familles à faibles revenus finissent alors par payer leurs produits proportionnellement plus cher qu'auparavant avec l'inflation.

Ainsi, l'inégalité des revenus contribue à «l'inflation des inégalités». C'est un cercle vicieux qui ne cesse de s'accroître. En effet, alors même que le pourcentage de personnes vivant sous le seuil de pauvreté tend à diminuer, que le taux de chômage est presque au plus bas depuis cinq ans, le pourcentage de personnes supplémentaires qui entrent dans la pauvreté du fait de «l'inflation des inégalités» s'est sensiblement accrue depuis 2005.

Plus dramatique encore: selon un rapport de la Brookings Institution, les millions d'Américain·es occupant des emplois peu rémunérés (entre 10 et 15 dollars de l'heure) ont 52% de risques de rester dans cette tranche de salaire lorsqu'ils changent d'emploi.

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