Donald Trump et Joe Biden lors du premier débat de la campagne présidentielle, à Cleveland, le 29 septembre 2020. | Jim Watson / AFP

Donald Trump et Joe Biden lors du premier débat de la campagne présidentielle, à Cleveland, le 29 septembre 2020. | Jim Watson / AFP

Débat présidentiel: la machine à fake news tourne à plein régime

L'équipe Trump n'a rien perdu de son talent pour la désinformation virale.

Ce mardi 29 septembre, Donald Trump et Joe Biden s'affrontaient lors du premier des trois débats qui rythmeront la fin de la campagne présidentielle américaine. Tous les coups étaient déjà permis: quelques heures avant le débat, un texto diffusé par l'équipe de Trump accusait Joe Biden d'avoir refusé de se soumette à une «inspection de l'oreille» afin de dissimuler une oreillette.

Cette accusation n'a rien d'original puisque, comme le rappelle le New York Times, à peu près tous les présidents et politicien·nes de ces dernières années ont été accusé·es de porter cette antisèche auditive, qui permettrait à leurs proches de leur souffler des réponses. Ces allégations n'ont cependant jamais reposé sur de quelconques preuves.

Comme tous les quatre ans, cette théorie a refleuri, flottant sur internet depuis quelques semaines. Sa viralité renouvelée illustre la capacité d'une campagne présidentielle à se saisir de ces rumeurs et à les intégrer très rapidement à sa stratégie numérique.

C'est d'autant plus notable que le camp Trump détient tous les outils pour le faire: entre la campagne de 2016 et la fin de ses quatre années de mandat, le président américain et ses allié·es ont bâti un très large réseau en ligne, constitué de médias de droite et d'extrême droite, de personnalités conservatrices influentes, de groupes Facebook, de forums et de communautés internet variées.

Stratégie numérique rodée

À quelques heures d'un débat important, il n'aura donc suffi que d'un coup de pouce pour que la rumeur se propage absolument partout sur internet. Ces relais organiques des mensonges trumpiens sont particulièrement efficaces, puisqu'ils leur offrent la possibilité de s'imposer naturellement dans le débat.

C'est une technique bien connue des spécialistes du marketing et de la désinformation. Baptisée «trading up the chain» («remonter la chaine»), elle consiste à balancer une information sur des forums, sur les réseaux sociaux ou dans des blogs peu regardants sur la qualité des informations qu'ils diffusent.

Cette info, une fois partagée, devient une source pour des sites d'information un peu plus importants, puis d'autres encore un peu plus gros –et ainsi de suite jusqu'aux médias généralistes, dans le meilleur des cas. C'est cette immixtion de la rumeur en ligne dans les médias traditionnels qui finit de convaincre l'audience que le sujet est crédible, donc qu'il mérite qu'on lui donne de l'importance.

Les démocrates ont intérêt à fourbir leurs armes, même les plus originales, pour contrer ce type de tactiques: l'équipe de campagne du candidat Trump a prouvé que depuis 2016, elle n'a rien perdu de son talent pour la désinformation. Et elle ne devrait pas s'arrêter en si bon chemin.

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