Jeffrey Katzenberg (à gauche) et Meg Whitman (au centre) discutent avec la journaliste Julia Boorstin lors d'une rencontre organisé par Vanity Fair. | Matt Winkelmeyer / Getty Images North America / AFP
Jeffrey Katzenberg (à gauche) et Meg Whitman (au centre) discutent avec la journaliste Julia Boorstin lors d'une rencontre organisé par Vanity Fair. | Matt Winkelmeyer / Getty Images North America / AFP

Quibi, le «Netflix de poche» qui lève des milliards de dollars

Meg Whitmann et Jeffrey Katzenberg mobilisent Hollywood pour créer un service de vidéo à la demande option format court qui devrait voir le jour fin 2019.

Quibi? Kezako? Peut-être n'en aviez vous pas encore entendu parler, ce qui est tout à fait logique: l'offre n'existe encore que sur le papier. Il est pourtant possible, dans un futur plus ou moins proche, que vous croisiez cette marque pour l'instant sans substance un peu partout autour de vous –dans le métro, sur les bancs publics, dans les salles de classe, dans les cafés, dans les chambres de vos enfants.

Le Netflix des gens pressés

«Quelque chose de cool arrive d'Hollywood et de la Silicon Valley», annonce le site, encore très succinct, de l'entreprise. Qui présente son pitch: «De l'entertainment fascinant et sur le pouce, créé pour le mobile par les meilleurs talents, conçu pour parfaitement coller à n'importe lequel des moments de votre journée.»

Bref: un Netflix des formats courts et petits écrans, une version blockbusterienne de TikTok, Twitch ou YouTube, proposant des contenus de moins de 10 minutes, à des personnes que Quibi imagine friandes de ce snacking culturel.

L'idée, a priori, semble bonne. Si bonne que le géant des télécoms Verizon l'avait déjà mise en application en lançant sa plateforme Go90 en 2015 –service piteusement fermé en juillet 2018 malgré un coquet investissement de 1,2 milliard de dollars (un peu plus d'un milliard d'euros).

Mais Quibi veut mettre les petits écrans dans les grands et se donner les moyens de ses ambitions. Les deux âmes derrière l'aventure sont des pontes confirmés, connus et reconnus: l'une est Meg Whitman, ancienne patronne de Hewlett-Packard, l'autre est Jeffrey Katzenberg, poids lourd d'Hollywood, ancien de Disney et co-fondateur de Dreamworks avec David Geffen et Steven Spielberg.

Une grande patronne de la tech, un grand patron d'Hollywood, la force symbolique pour ouvrir de nombreuses portes, et une certitude commune: face à Netflix, à Disney+ ou à Amazon, face aux mastodontes qui trustent déjà ont vont bientôt truster le marché de la vidéo à la demande et malgré une cible mobile et des formats différents, il est nécessaire de mettre de grosses sommes sur la table pour être sûr de proposer des contenus de qualité.

Une idée et beaucoup d'argent

Voilà pourquoi Quibi, ce service qui n'existe pas encore mais qui pourrait être lancé dès 2019, a déjà réussi à lever 1 milliard de dollars, et cherche à en ajouter un autre à son portefeuille. Deux milliards de dollars pour une idée: Whitman et Katzenberg, à l'instar des personnes qui ont décidé de placer quelques billes sur le projet, semblent conscient·es qu'on ne concurrence pas Netflix ou Disney avec des clopinettes.

Où en est le projet? Difficile à dire. Comme l'explique The Verge, Quibi aurait notamment planifié des productions avec Guillermo del Toro (Hellboy, Pacific Rim, La Forme de l'eau), Catherine Hardwicke (Twilight, Thirteen, Les Seigneurs de Dogtown) ou Sam Raimi (papa d'Evil Dead et réalisateur de la trilogie Spider-Man des années 2000).

Le très respecté Aaron Sorkin (À la Maison Blanche, The Newsroom, The Social Network) serait également lié à un projet en cours portant sur Evan Spiegel et la genèse de son idée milliardaire, Snapchat.

Il reste sans doute quelques fonds à Whitman et Katzenberg pour continuer à former une équipe de création suffisamment attractive et talentueuse pour attirer un public dont la capacité d'attention est limitée.

Il en faudra sans doute plus pour ne pas s'enfoncer dans l'anonymat face au Seigneur des Anneaux d'Amazon, aux Watchmen d'HBO, aux Marvel de Disney et aux productions originales de Netflix.

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