Le pays tente de sécuriser son économie sur le long terme. | 天琦 王 via Unsplash

Le pays tente de sécuriser son économie sur le long terme. | 天琦 王 via Unsplash

Et si le ralentissement de la croissance chinoise était une bonne nouvelle?

Le gouvernement sacrifie une partie de sa croissance pour assainir son économie.

Les industriels n'en dorment plus la nuit: la miraculeuse croissance chinoise ralentit. Au second trimestre, Pékin a enregistré un taux de croissance de 6,2%. C'est la croissance la plus basse que le pays ait connu en quasiment trente ans.

Cette nouvelle peut sembler inquiétante pour les personnes qui ont investi de grosses sommes dans le pays, de même que pour le peuple chinois qui commence à redouter une crise économique –une première pour nombre de ses membres. Tout le monde ne pense pourtant pas que ce ralentissement soit une si mauvaise nouvelle.

La très forte implication de l'État dans l'expansion économique de la Chine fait que ce ne sont pas forcément les investissements les plus rentables qui sont effectués, mais plutôt ceux qui leur confère un avantage politique.

Pour les entreprises privées dont l'activité n'est pas considérée comme prioritaire, il peut s'avérer parfois difficile d'emprunter officiellement aux banques contrôlées par l'État. Ces entreprises se tournent vers ce que l'on appelle le «shadow banking» ou financement de l'ombre.

Un mal pour un bien

Cela veut dire que ces entreprises, des particuliers et même certains gouvernements locaux empruntent de l'argent en dehors du système classique de prêt bancaire. Souvent à des banques qui gardent ce genre de prêts hors de leurs comptes afin d'échapper aux régulations.

Cette technique peut se révéler problématique précisément du fait que ces emprunts échappent à la régulation. Ils sont considérés comme plus risqués pour l'économie du pays. Or, d'après l'analyste financier Moody's, ces pratiques représenteraient en Chine 9 trillions de dollars, soit environ 8.000 milliards d'euros.

C'est une immense industrie, qui comporte bien trop de risques pour être régulée. Les institutions qui en sont chargées ont lancé fin 2016 une large campagne contre ce type de finance. Bien que ces pratiques représentent 23,5% de l'intégralité des actifs bancaires du pays, selon le Financial Times, l'année 2018 fut marquée par la première déclinaison de la pratique depuis une dizaine d'années.

Pour Gabriel Wildau, un analyste financier interrogé par Quartz, les financements de l'ombre ne sont évidemment pas la seule cause de la baisse de croissance chinoise, mais en sont une raison non négligeable.

C'est donc un risque calculé que prend la Chine en réduisant la voilure afin d'assainir ses bases financières. Un choix qui devrait sécuriser la croissance de la République populaire sur le long terme.

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