La terrasse d'un restaurant londonien, en août 2020: les convives sont de retour. | Tolga Akmen / AFP
La terrasse d'un restaurant londonien, en août 2020: les convives sont de retour. | Tolga Akmen / AFP

Pour relancer l'économie, le gouvernement britannique invite au restau

Le contribuable paye la moitié de l'addition, et la psychologie fait le reste.

Allez au restaurant et le gouvernement règlera la note, dans une limite de 10 livres [11,16 euros]: c'est la mesure choc de Boris Johnson pour soutenir un secteur durement éprouvé par la pandémie de Covid-19 (-60% d'activité).

Le plan, baptisé «eat out to help out» (manger au restaurant pour aider), a été mis en place ce mois-ci. Et le succès est au rendez-vous: le gouvernement britannique a déjà participé à 64 millions d'additions. L'économie et la psychologie comportementale permettent peut-être d'éclairer cette réussite.

«Lorsque nous achetons quelque chose à un prix très avantageux, il est facile de comparer notre situation au scénario alternatif de payer le prix fort –et cela nous fait nous sentir très bien», analysait l'économiste comportementaliste Dan Ariely dans le Wall Street Journal en 2015.

Plaisir d'offrir, joie de recevoir

Dans son ouvrage Dollars and sense (2017), il expliquait aussi qu'après avoir bénéficié d'une bonne affaire, les consommateurs et les consommatrices tendent à recommencer. Les Britanniques qui ont bénéficié d'une addition à moitié prix auront donc de bonnes chances de réitérer l'expérience.

Jusqu'ici, le Royaume-Uni n'a pas vraiment brillé par sa réponse face au coronavirus: ayant initialement refusé de prendre des mesures restrictives, le gouvernement de Boris Johnson est jugé responsable d'une importante surmortalité. Et sur le plan économique, il est englué dans le Brexit.

«Eat out to help out» apparaît donc comme une mesure de bon sens au milieu d'un océan de décisions catastrophiques. Elle pourrait toutefois être remise en question si les restaurants britanniques venaient à se transformer en clusters.

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