Les publicités pour des sextoys féminins sont interdites par le réseau social. | Jelena Ardila Vetrovec via Unsplash
Les publicités pour des sextoys féminins sont interdites par le réseau social. | Jelena Ardila Vetrovec via Unsplash

La sextech se rebelle contre Facebook

Des start-ups visant une clientèle féminine jugent les règles publicitaires de la plateforme discriminatoires.

Bien que le but initial de Facebook était de noter des étudiantes sur leur physique, la plateforme a été claire dès le début de son utilisation commerciale: pas de sexe. Pour rester un réseau social grand public et ne pas faire fuir les annonceurs, tout contenu réservé aux adultes y est prohibé.

Tout le monde ne l'entend pourtant pas de cette oreille. Les start-ups Unbound et Dame, qui vendent des sextoys féminins, ont lancé une campagne accusant Facebook d'accepter les pubs de produits conçus pour la sexualité des hommes cis, mais de refuser les annonces destinées à celle des «des femmes et des personnes trans ou ne se conformant pas aux normes de genre», relaie TechCrunch.

Les deux sociétés ont lancé un site internet, Approved, Not Approved, et ont enjoint à les rejoindre le 31 juillet pour une manifestation devant les bureaux de Facebook à New York, à l'occasion du Jour national de l'orgasme.

Désavantage économique

Selon le réseau social, les deux start-ups lui font un mauvais procès: les pubs pour des sextoys féminins sont certes interdites, mais celles destinées aux hommes le sont tout autant.

La section «Produits ou services pour adultes» des règles publicitaires de Facebook indique que les seuls produits acceptés sont les moyens de contraception, dont seules les caractéristiques contraceptives sont présentées –impossible par exemple de vanter les mérites d'un préservatif supposé augmenter le plaisir. L'annonce ne doit en outre cibler que les personnes de 18 ans et plus.

Cette réponse est loin de satisfaire les deux sociétés. «Beaucoup d'entre nous pensons que nous sommes réduites au silence par ces plateformes, avance Polly Rodriguez, la PDG d'Unbound. Facebook, Instagram, Pinterest, ce sont des canaux qui font vivre les start-ups. Ne pas pouvoir y faire de pub est un gros problème, car en plus de leurs politiques fondées sur des stéréotypes de genre, elles nous empêchent de toucher une clientèle potentielle.»

On touche ici au nerf de la guerre. Unbound et Dame sont des start-ups; leur business model repose sur des levées de fonds auprès d'investisseurs. Ne pas pouvoir faire de com' sur les réseaux sociaux est pour elles un énorme désavantage.

La sextech destinée aux femmes est sans nul doute victime de sexisme. On se souvient du fiasco du Consumer Electronics Show en janvier 2019, quand une start-up elle aussi spécialisée dans les sextoys féminins avait été primée lors du salon puis retirée du palmarès car jugée «obscène».

Polly Rodriguez dénonce également l'hypocrisie des réseaux sociaux, qui ne jugent que rarement comme sexuels les produits visant à lutter contre le dysfonctionnement érectile, à l'image de ceux vendus par les start-ups Hims et Roman.

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