La soif de l'or, inextinguible. | Jingming Pan via Unsplash
La soif de l'or, inextinguible. | Jingming Pan via Unsplash

57% des gens veulent mourir riches

«Épargner aide à se sentir mieux», affirment les retraités.

Selon la théorie économique, un ménage s'efforce de maintenir constante sa consommation tout au long de son cycle de vie. Lorsqu'il prend sa retraite et que son revenu baisse, il puise donc dans son épargne accumulée au cours de sa vie active afin de maintenir son niveau de vie. Pourtant, ce n'est pas ce que l'on observe, note l'Insee: le taux d'épargne demeure positif chez les retraités.

Un sondage réalisé aux États-Unis et relayé par le site Bloomberg montre que seulement 14,1% des répondants pensent dépenser tous leurs actifs lorsqu'ils seront à la retraite.

À contrario, 57% disent vouloir augmenter leur épargne, la laisser intacte ou l'entamer de très peu. Parmi les raisons les plus citées à ce comportement figurent «les coûts imprévus», «la peur de manquer d'argent» ou parce que «je n'ai pas besoin de dépenser l'argent».

Le Conseil d'orientation des retraites (COR) note lui aussi cette tendance à jouer les fourmis chez l'épargnant français, et ce malgré un système de retraite bien plus généreux qu'aux États-Unis.

Le COR cite notamment une épargne de précaution liée à une augmentation des charges relatives à la santé et à la perte d'autonomie. «Comme ce risque augmente avec l'âge et qu'il est difficilement assurable, il peut justifier le souhait de continuer à accumuler du patrimoine en fin de cycle de vie», explique le COR.

Le souhait de transmettre un patrimoine à ses enfants est toutefois moins prégnant, puisque lorsque cela se fait sous forme de donation, ça induit plutôt une désépargne. Une autre raison est que les personnes retraitées diminuent mécaniquement leur consommation. Elles ont par exemple moins tendance à changer de logement, et dépensent moins en restaurants et en habillement.

La bande à Picsou

Mais une réponse bien plus inattendue apparaît dans le sondage américain. 31% des personnes interrogées confient ainsi qu'épargner «les aide à se sentir mieux». Or, en théorie économique, c'est le fait de dépenser de l'argent qui fait qu'on se sent mieux, et non pas de jouer les Picsou (à moins d'avoir une piscine remplie de pièces d'or).

En réalité, de nombreuses recherches en psychologie montrent que les gens n'aiment pas la sensation de perdre de l'argent, même si ce dernier ne leur sert à rien.

On pourrait se féliciter de cette frugalité, signe de prudence. Mais pour Peter Coy, le chroniqueur de Bloomberg, elle est surtout synonyme de peur, et ce n'est pas très bon pour l'économie.

C'est d'autant plus vrai en France où l'épargne se concentre sur les livrets d'épargne réglementés et l'assurance-vie en fonds euros. À peine un tiers des avoirs sont placés en actions d'entreprises cotées ou non, c'est-à-dire dans l'économie réelle et productive, selon la Banque de France.

L'argent qui dort sur les comptes aide peut-être les gens à se sentir mieux, mais il ne favorise pas l'innovation et la croissance.

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