Une seule fenêtre, quelques petits mètres carrés et des prix exhorbitants: la recette du mal-logement. | Edward Howell via Unsplash
Une seule fenêtre, quelques petits mètres carrés et des prix exhorbitants: la recette du mal-logement. | Edward Howell via Unsplash

Au Royaume-Uni, d'anciennes boutiques reconverties en appartements cagibis

La crise a eu la peau de nombreux magasins qui ont été transformés en minuscules studios.

Comme partout ailleurs, les fermetures de boutiques s'enchaînent dans les moyennes et grandes villes britanniques. Les municipalités se retrouvent avec une masse de locaux vides sur les bras, alors que dans le même temps la crise du logement fait rage.

Une nouvelle tendance se fait donc jour: découper ces espaces vides pour les convertir en minuscules appartements bon marché afin de les rendre abordables pour des étudiant·es sans le sou ou des personnes pas trop regardantes sur le confort.

Sur la route de Shirley à Southampton (une ville portuaire du sud de l'Angleterre), le magasin Open Fire vendait autrefois des chaudières électriques et à gaz.

Aujourd'hui, il accueille six studios dont le plus petit fait à peine 15 mètres carrés, soit la moitié de la surface nécessaire pour qu'un logement soit éligible à un prêt hypothécaire, raconte le Sunday Times. Dans cinq des appartements, la seule lumière extérieure provient d'une étroite ouverture latérale située à côté de la porte.

«Nouveaux bidonvilles»

Chloe, l'une des résidentes, paye 525 livres [576 euros] par mois pour louer ce minuscule cagibi, soit 36,20 euros le mètre carré –plus cher que dans les meilleurs quartiers parisiens. «Un de mes amis habite dans le coin et la niche de ses deux chiens est plus grande que ces appartements», ironise un voisin.

Ces reconversions sont effectuées dans le cadre de droits d'aménagement autorisés (PDR), qui, jusqu'à récemment, étaient principalement utilisés pour la conversion de bureaux. En 2016, la loi s'est étendue aux boutiques, librairies et laveries, puis aux fast-food l'an dernier.

Selon les chiffres du gouvernement, plus de 60.000 logements auraient ainsi été créés. Et la tendance devrait encore s'accélérer. En juillet, Robert Jenrick, le secrétaire au Logement, a annoncé que le PDR allait être encore étendu pour permettre aux promoteurs de démolir les bâtiments vacants sans permis de construire complet, afin qu'ils puissent être «rapidement reconvertis pour aider à la revitalisation des grandes rues et des centres-villes».

Mais pour le Sunday Times, cette stratégie alimente plutôt le mal-logement. Ces appartements reconvertis ne sont en effet pas soumis au minimum de surface standard, soit 37 mètres carrés pour un studio.

Un rapport gouvernemental portant sur 2.800 logements PDR montre que trois quarts d'entre eux n'ont une fenêtre que d'un seul côté, et 10 n'en ont même pas du tout. «La solution à la crise du logement n'est pas de créer de nouveaux bidonvilles à partir d'anciens bureaux et magasins, mais de fournir des logements de qualité, bien conçus et abordables», s'émeut Tom Copley, adjoint au maire de Londres chargé du logement et du développement résidentiel.

«Si le confinement et la pandémie de Covid-19 nous ont bien appris quelque chose, poursuit l'édile, c'est l'importance des normes minimales d'espace, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.» Indeed.

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