Une forêt non loin de la ville de Krasnoïarsk, dans l'oblast d'Irkoutsk (Russie), le 4 août 2019. | Ekaterina Anisimova / AFP

Une forêt non loin de la ville de Krasnoïarsk, dans l'oblast d'Irkoutsk (Russie), le 4 août 2019. | Ekaterina Anisimova / AFP

Le greenwashing cynique des immenses forêts russes

Mauvais élève climatique, le pays souhaite développer un marché de crédits carbone de 815 millions d'hectares.

Bien qu'elle soit l'une des nations les plus menacées par le changement climatique, en témoignent les immenses feux de forêt en Sibérie du Nord et la fonte accélérée du permafrotst, la Russie est loin d'être une bonne élève dans le domaine de l'environnement.

La fédération, importante exportatrice d'énergies fossiles et de ressources naturelles, souhaite développer plus avant son exploitation de gaz naturel liquéfié. C'est également l'un des pays qui émettent le plus de CO2 par habitant.

La Russie est donc très critiquée pour son inaction ou son manque d'ambition dans la lutte contre le changement climatique. Pour contrebalancer cela, elle a un plan: utiliser ses immenses forêts de 815 millions d'hectares, les plus grandes du monde devant celles du Brésil.

Ces surfaces boisées, composées en partie de la taïga, ou forêt boréale, représentent 20% de toutes les forêts sur la planête, ce que la Russie aime mettre en avant en tant que contribution aux efforts écologiques.

Selon Bloomberg, l'ambition du pays est désormais de mettre à profit ces forêts afin de les transformer en «place de marché pour les entreprises cherchant à compenser leur empreinte carbone».

Système controversé

Les forêts russes sont aujourd'hui mal entretenues et surexploitées, ce qui est en partie responsable des incendies de 2020. Le système que le pays souhaite mettre en place permettrait de louer des surfaces boisées aux entreprises afin qu'elles plantent de nouveaux arbres et entretiennent ceux qui existe déjà, le tout en échange de crédits carbone.

Les organisations écologistes sont sceptiques. Non seulement parce que l'efficacité du système des crédits carbone est très controversée, mais aussi parce que la Russie ne compte pas pour autant revoir à la baisse son objectif de réduction des émissions –peu ambitieux pour un pays très pollueur.

«Le plan de la Russie pour réduire ses émissions devrait majoritairement reposer sur les énergies renouvelables, les nouvelles technologies et l'efficacité énergétique, explique WWF Russie. Le développement forestier devrait venir en appui, et selon des critères stricts.»

Les entreprises Gazprom Neft, Sibur et Sinara, opérant respectivement dans les industries des hydrocarbures, de la pétrochimie et dans le transport et la manufacture, se sont déjà déclarées intéressées par des projets d'échange de crédits carbone. Cela ne risque pas de rassurer les écologistes.

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