Avec Michael O'Leary, même les polémiques sont cheap. | Kevin Hackert via Unsplash
Avec Michael O'Leary, même les polémiques sont cheap. | Kevin Hackert via Unsplash

Le patron de Ryanair moque les «larmes de crocodile» de Lufthansa quant aux vols fantômes

Une conscience écologique de pacotille, explique Michael O'Leary.

Au tout début de la pandémie de Covid-19, une règle méconnue du secteur du transport aérien faisait grand bruit pour son absurdité économique et écologique. «Use it or lose it», utilisez-les ou perdez-les: les compagnies aériennes, partout dans le monde, étaient contraintes de faire voler des avions sans passagers pour ne pas perdre les liaisons qui leur avaient été assignées.

Le surgissement express du variant Omicron et la chute brutale du nombre de passagers ont remis cette épineuse question des vols fantômes sur la table, en particulier en Europe. À nouveau, afin de ne pas se voir privées des liaisons qui font leur richesse, les compagnies aériennes, notamment européennes, se voyaient obligées de faire faire de polluants ronds dans les cieux à des aéronefs vides.

De quoi faire monter au créneau Carsten Spohr, le patron de Lufthansa qui, au crépuscule de 2021, déplorait dans une interview au Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung devoir opérer «18.000 vols inutiles supplémentaires cet hiver» du fait de ce cadre législatif pour le moins inadapté.

Depuis l'interview de l'Allemand, la polémique sur cette règle dite «du 80/20» (une compagnie perd son précieux «slot» si elle n'opère pas au moins 80% de ses vols potentiels) enfle logiquement, attirant les commentaires acerbes du monde politique ou des grandes figures de la lutte climatique comme Greta Thunberg.

Carsten Spohr a également été rejoint par d'autres compagnies aériennes qui, conscientes de l'image environnementale catastrophique qu'elles donnent déjà en temps normal, cherchent à faire évoluer les règlements pour éviter d'aggraver leurs cas –mais aussi, et peut-être surtout, pour protéger leur gagne-pain.

La polémique a fait plier —en partie– l'Union européenne, qui a décidé cette fois encore, mais de manière temporaire, d'assouplir la «règle du 80/20» pour quelque temps encore, sans tout à fait la mettre de côté.

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Mais qui dit polémique dit Michael O'Leary: il semblait impossible que l'inénarrable et scandaleux patron irlandais de la compagnie aérienne low-cost Ryanair, n'intervienne pas avec la grâce et la délicatesse habituelles de ses punchlines de boxeur dans le débat.

Selon le très libéral patron, la campagne de communication initiée par Lufthansa n'est que de la poudre aux yeux, destinée à ne protéger que ses seuls intérêts économiques.

«Lufthansa adore pleurer des larmes de crocodile à propos de l'environnement quand elle fait tout ce qu'elle peut pour protéger ses liaisons», a-t-il expliqué dans une communication. Une stratégie qui «bloque la concurrence et limite les choix dans les grands aéroports», s'est également plaint le plutôt brutal Irlandais.

Selon lui, la compagnie allemande, si elle souhaite ne pas voir ses vols se vider, doit tout simplement vendre ses billets moins chers, donc suivre le modèle low-cost –et les conséquences sociales qu'il suppose– dont il est l'un des plus bruyants hérauts.

Un clash qui, comme l'explique Bloomberg, fait suite à d'autres confrontations entre O'Leary et la compagnie allemande, cette dernière ayant déjà publiquement critiqué le modèle des billets à bas prix, qui créerait une demande artificielle de néo-passagers pour des vols polluants et dispensables.

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