La dégringolade de Huawei profitera à d'autres. | Kazuhiro Nogi / AFP
La dégringolade de Huawei profitera à d'autres. | Kazuhiro Nogi / AFP

Smartphones: tout le monde veut la place de Huawei

Touchée mais encore pas coulée, la marque chinoise a-t-elle encore un avenir?

Il est difficile de nier une certaine résilience chez Huawei. Épouvantail de l'administration Trump dans sa bataille commerciale contre la Chine, la marque chinoise n'en finit plus de prendre uppercut sur uppercut, mais poursuit coûte que coûte sa marche.

Elle s'apprête à lancer son nouveau fer de lance commercial, le Mate 40 Pro, à la partie du monde où elle peut encore opérer. Remplacement d'Android développé au pied levé pour changer un système d'exploitation désormais interdit par les États-Unis, son HarmonyOS semble sur de bons rails.

Mais les perspectives plus lointaines semblent sombres. Courant septembre, les États-Unis poussaient leur atout un cran plus loin en interdisant aux entreprises nationales de fournir Huawei en processeurs, une décision étendue aux firmes qui ont développé leurs puces avec des technologies américaines, comme Samsung par exemple.

L'entreprise se retrouvait alors coupée de la fourniture de l'un des composants les plus essentiels de ses smartphones. Elle annonçait, dès août, une prochaine pénurie à laquelle la faiblesse relative de la Chine en la matière ne permettait pas de trouver une parade immédiate.

En 2021, Huawei pourrait ne produire que cinquante millions d'appareils, contre 190 millions attendus cette année, déjà baissière par rapport à la précédente. Et si le marché domestique résiste, notamment porté par le réflexe de consommation nationale d'une clientèle vexée du bannissement de son champion, celui à l'export risque un effondrement pur et simple.

Comme le relate Forbes, Apple et Samsung peuvent se frotter les mains de tels malheurs. Mais comme l'explique également le média américain, il leur est impossible de baisser la garde trop longtemps: derrière Huawei, de nombreux autres fabricants chinois de smartphones sont prêts à prendre la relève.

Chasse au podium

La recette est la même que celle appliquée, avec talent, par Huawei: produire des smartphones de grande qualité à un prix moindre que ceux offerts par les deux leaders américain et coréen du marché. Mais en dehors de la Chine, il est peu probable de voir une clientèle importante se détourner d'Android et des services Google, dont Huawei est privée, pour se frotter à l'inconnu HarmonyOS.

Il y a donc une place à prendre et Xiaomi comme BBK, conglomérat et maison-mère d'Oppo, OnePlus, Vivo ou RealMe, semblent bien décidés à s'en emparer. Portée par des performances exceptionnelles en 2020, Xiaomi notamment souhaite devenir, à terme, l'un des trois plus grands acteurs du marché mondial.

Avec une part de marché de 17% en Europe au second trimestre 2020, en croissance de 65% en douze mois seulement, Xiaomi a déjà dépassé Huawei. Comme le rapportait Nikkei, le rival de Xiaomi est désormais à chercher du côté d'Oppo, qui se donne également trois ans pour grimper sur le podium européen.

Très malmenée sur le front des infrastructures 5G, comme l'a prouvé le 20 octobre l'annonce de son bannissement par la Suède, que reste-t-il alors à Huawei? Elle semble chercher à se séparer de sa marque Honor, destinée au marché des smartphones de milieu de gamme. Celle-ci, déconnectée de la maison-mère honnie, pourrait alors peut-être échapper aux sanctions américaines, du moins si celles-ci ne sont pas étendues.

Si elle devait définitivement laisser tomber le monde des téléphones, Huawei pourrait prendre un tout autre chemin, voire une toute autre route: déjà active dans le secteur, la firme chinoise a fait savoir qu'elle se sentait capable d'attaquer Tesla sur le terrain des véhicules autonomes.

En ce moment

Avec le Covid-19, le Black Friday est devenu un jour comme un autre

Biz

Avec le Covid-19, le Black Friday est devenu un jour comme un autre

Aux États-Unis, les promotions de fin novembre sont bien moins agitées que d'habitude.

Acheter une carte graphique dernière génération? Mission impossible!

Tech

Acheter une carte graphique dernière génération? Mission impossible!

Les magasins sont pris d'assaut à cause d'une pénurie.

La guerre des lobbies du «low carb»

Biz

La guerre des lobbies du «low carb»

Les partisans des régimes pauvres en glucides tentent d'influencer les normes nutritionnelles qui doivent être revues prochainement.