À Los Angeles, des dizaines de porte-conteneurs attendent leur tour pour entrer dans le port, le 20 septembre 2021. | Mario Tama / AFP
À Los Angeles, des dizaines de porte-conteneurs attendent leur tour pour entrer dans le port, le 20 septembre 2021. | Mario Tama / AFP

La solution radicale de Coca-Cola face à la crise des porte-conteneurs

Les entreprises cherchent des plans B pour répondre à la hausse des prix liée à l'engorgement du transport maritime.

Les prix des conteneurs atteignent des sommets depuis plusieurs mois. Le coût de transport d'un navire commercial de 40 pieds (12 mètres) dépasse désormais les 10.000 dollars (près de 8.700 euros), soit près de quatre fois son niveau de 2020, selon le World Container Index.

Cette hausse est encore plus élevée sur certains trajets très demandés. Les prix ont été multipliés par sept pour aller de Shanghai à Rotterdam. Les entreprises ont par ailleurs le plus grand mal à dénicher des places sur ce type de navire, ce qui occasionne de gros retards de livraison.

Coca-Cola a trouvé une solution radicale pour faire face à cette situation: plutôt que des porte-conteneurs classiques, la firme va désormais expédier ses marchandises à bord de vraquiers. À l'origine, ces navires sont conçus pour transporter en vrac du charbon ou du minerai de fer, rapporte Bloomberg.

La compagnie a déjà affrété trois vraquiers d'une capacité totale de 60.000 tonnes, soit l'équivalent de 2.800 conteneurs. Alan Smith, le directeur des achats de Coca-Cola, a défendu ce choix sur LinkedIn: «Avec la pénurie de conteneurs et d'espace, nous devons trouver des idées hors des sentiers battus. Cette solution permettra de maintenir en activité toutes nos lignes de production à travers le monde.»

Coke en stock

Coca-Cola n'est pas la seule à chercher des solutions alternatives. Walmart et Home Depot ont également eu recours à des vraquiers. Ikea a choisi d'affréter ses propres porte-conteneurs pour désengorger la congestion du transport maritime.

L'utilisation de vraquiers n'est pas sans poser quelques problèmes logistiques. Ces navires sont certes moins chers à faire circuler, mais ils sont moins pratiques à décharger. Ils ne disposent pas des infrastructures bien rodées des navires dédiés au commerce maritime.

Cette option ne règle pas non plus la pénurie de chauffeurs en amont et en aval des ports. De plus, le Baltic Dry Index, qui mesure le coût du transport de vrac pour le minerai ou les céréales, est lui aussi en train de s'envoler. Sur un an, il a été pratiquement multiplié par cinq pour atteindre 5.600 points.

Enfin, comme le souligne le site Hellenic Shipping News, transporter un conteneur dans la soute ou sur le pont d'un vraquier peut causer des problèmes d'arrimage et affecter la stabilité du navire. «Plusieurs lacunes ont abouti à la chute de conteneurs par-dessus bord dans le passé», ajoute le site.

Les transporteurs sont conscients du mécontentement croissant de leur clientèle. En septembre dernier, le groupe français CMA CGM, troisième au niveau mondial sur le secteur de la mise en relation commerciale, a annoncé un gel de ses tarifs «spot» (ceux qui fluctuent en fonction de l'offre et de la demande, à la différence des coûts fixés par des contrats négociés).

Dès le lendemain, son homologue allemand Hapag-Lloyd lui emboîtait le pas. CMA CGM explique ainsi vouloir fidéliser sa clientèle, ce qui suppose de l'«accompagner dans la durée».

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