Les suggestions d'achat de jeux font les bonnes affaires des plateformes de vente. | Fabrizio Chiagano via Unsplash
Les suggestions d'achat de jeux font les bonnes affaires des plateformes de vente. | Fabrizio Chiagano via Unsplash

Sony et Microsoft manipulent aussi leurs boutiques en ligne

À l'instar des GAFA, les géants du jeu vidéo utilisent leurs échoppes à leur avantage.

Soupçonnées d'étouffer la concurrence, Google, Facebook, Amazon et Apple ont toutes été entendues cet été par la Chambre des représentants. Et pour cause: Apple est seule aux commandes de son AppStore, Amazon de sa marketplace, Google de ses résultats de recherches et du Play Store.

Or, toutes ces entreprises contrôlent un marché sur lequel elles sont aussi vendeuses, ce qui pose nombre de questions sur le choix des produits qui sont mis en avant, et pour quelles raisons. Si les GAFA ont concentré la majeure partie des accusations, les géants ne sont pas les seuls à être dans cette situation.

Les deux leaders du jeu vidéo sur console, Sony (Playstation) et Microsoft (Xbox), proposent l'achat de jeux dématérialisés uniquement via leurs boutiques en ligne (Microsoft et Playstation Store), des plateformes qu'elles contrôlent.

Une étude menée conjointement par trois universités affirme que les deux firmes manipulent elles aussi leurs boutiques. Les scientifiques ont étudié leurs e-boutiques britanniques entre 2007 et 2011.

La visibilité, le nerf de la guerre

Leur conclusion est sans détour: contrairement à ce que peut penser la clientèle, les jeux les plus vendus ou qui disposent des meilleures critiques ne sont pas nécessairement ceux qui sont mis en valeur. Les titres qui ont le plus de chance de bénéficier d'une visibilité sont ceux qui se trouvent entre les 2,6% et les 20% des meilleures ventes –les 2,6% des titres les plus vendus sont les moins poussés par les plateformes.

Selon les équipes de recherche, le but de l'opération n'est pas d'aider les plus petits jeux. Les leaders du secteur tels que GTA ou HALO n'ont pas besoin d'encore plus de promo qu'ils n'en ont déjà. Les éditeurs de jeux relativement plus mineurs, mais qui promettent de rencontrer le succès, sont plus enclins à négocier avec les plateformes pour bénéficier d'un «endorsment» –qui se matérialise au choix par un prix, un affichage en une, un commentaire positif, etc.

Ces éditeurs reversent une partie de leurs ventes à la plateforme: aider à créer un hit en le mettant en avant signifie des revenus plus élevés pour Sony ou Microsoft.

Ces «jeux bons, mais pas trop», permettent aussi de combler le catalogue maison dans les genres où il peut présenter des lacunes. Ce vivier de sorties mineures, qu'un coup de pub peut transformer en gros événement, est également utilisé lorsque l'activité ralentit ou qu'un trou dans le calendrier se présente.

Sur la période étudiée, les mises en avant ostentatoires étaient par ailleurs réservées aux éditeurs tierces, afin d'éviter que l'autopromotion saute trop aux yeux. Ces divertissements maison sont plutôt valorisés via des moyens moins reconnaissables, comme remonter dans les résultats de recherche, explique à Recode Melissa A. Schilling, l'une des chercheuse.

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