La PlayStation 5, avec ou sans lecteur optique, accompagnée de sa nouvelle manette tactile, la DualSense. | PlayStation
La PlayStation 5, avec ou sans lecteur optique, accompagnée de sa nouvelle manette tactile, la DualSense. | PlayStation

L'avenir de Sony repose entièrement sur la PlayStation 5

Ce qui n'était qu'une activité parmi d'autres est devenu le cœur de métier du géant japonais.

Comme le rappelle le New York Times, l'époque où chaque foyer disposait de plusieurs appareils estampillés Sony –un Walkman, un Discman, un téléviseur, un magnétoscope– semble révolue.

Sur le plan matériel, et bien que la firme soit également puissante dans le secteur de la photographie numérique, le lien le plus visible que Sony entretient désormais avec le grand public trône au milieu des salons de centaines de millions de foyers, de Kyoto à Los Angeles, de Clermont-Ferrand à Séville, du Cap à Vladivostok: la PlayStation, devenue un symbole global pour le jeu vidéo.

Lorsqu'elle fut lancée en 1994, nul ne pensait qu'elle irait si loin, si fort, qu'elle transformerait si profondément un marché que Nintendo et Sega contrôlaient jalousement. Ni qu'elle bouleverserait à ce point le business de Sony: pour la firme, elle est désormais devenue un cœur de métier, une vache à lait et un veau d'or, une fondation financière dont toute l'entreprise dépend.

C'est d'autant plus vrai que Sony a totalement manqué quelques virages pourtant vitaux. Très à la peine sur les marchés des téléviseurs ou des smartphones notamment, elle a vu son chairman Kenichiro Yoshida tailler dans le gras et se couper de ses anciennes forteresses pour se recentrer sur le jeu vidéo.

«Le divertissement, en particulier le jeu vidéo, est le nouveau visage de Sony, son nouveau relais de croissance», déclare ainsi Kota Ezawa, analyste pour Citygroup, au New York Times. «Il y a eu une prise de position et un changement de direction clairs de Ken Yoshida, pour que Sony ne soit plus un business traditionnel d'électronique, mais une entreprise vendant du divertissement.»

Lancée en 2013, la PlayStation 4 s'est vendue dans le monde à 113 millions d'exemplaires. Sur la première moitié de 2020, le jeu vidéo a représenté pour la firme 42% de son résultat d'exploitation, contre 8% seulement pour ses activités électroniques traditionnelles.

La pandémie de Covid-19 et les confinements ont provoqué un repli sur la sphère domestique, et fait de 2020 une année faste pour le jeu vidéo. Le lancement de la PlayStation 5 revêt donc une importance vitale pour l'entreprise.

Le jeu au cœur

«Telle un cœur de la structure, Sony doit faire en sorte que la PlayStation 5 soit un succès», a expliqué Atsushi Osanai, ancien de Sony aujourd'hui professeur à la Waseda Business School, à Bloomberg. Selon lui, il est de la responsabilité de la division jeu vidéo de l'entreprise de devenir une machine à cash pour faire vivre le reste de l'édifice.

Sony aura pourtant fort à faire. Si elle ne s'adresse pas tout à fait au même marché, Nintendo continue de parader avec sa Switch, énorme carton international dont les ventes ne faiblissent pas.

Surtout, l'autre gros concurrent, Microsoft, sort au même moment ses deux consoles de nouvelle génération, la Xbox Series X et la Xbox Series S, qui disposent d'arguments de poids pour venir entamer l'écrasante domination de la marque PlayStation.

Comme les Series X et S, la rutilante PlayStation 5 a reçu un accueil très favorable de la part de la presse, généraliste comme spécialisée. Contrairement aux machines de Microsoft, qui peinent sur ce point important, elle peut dès son lancement compter sur d'attirantes exclusivités, Spider-Man: Miles Morales ou Demon's Soul en tête.

Mais en face, Microsoft fait feu de tout bois, adopte une stratégie offensive et intelligente, bâtissant autour de ses machines un écosystème qui dépasse largement la vente de consoles et de jeux. Son «Netflix du jeu vidéo», le Game Pass, compte déjà 15 millions d'abonné·es mensuel·les, une source de revenus réguliers qui ne cesse de prendre de l'importance.

L'entreprise américaine se positionne par ailleurs avec force sur le marché du jeu en streaming avec le développement de xCloud, plus avancé que le PlayStation Now d'en face. Sur ce marché du cloud gaming, qui pourrait être fatal aux consoles telles que nous les connaissons, Amazon avec Luna et Google avec Stadia ont également quelques arguments à faire valoir –notamment leur puissance financière virtuellement infinie.

Mais PlayStation étant PlayStation, soit l'une des marques les plus fortes de l'ère moderne, la PlayStation 5 fait dans ces circonstances particulières un démarrage remarquable, que seuls des soucis d'approvisionnement et de distribution ralentissent.

Sony compte vendre 7,6 millions de consoles lors de l'année fiscale en cours, soit d'ici à fin mars 2021. C'est plus que la PS4 lors de ses premiers douze mois de commercialisation, une prévision forte que les marchés ont saluée par une flambée du cours de l'action de la firme.

Pour le conglomérat, tout dépendra désormais de la suite: la dépendance de Sony au gaming est désormais telle qu'un échec, certes très peu probable, pourrait lui être fatal.

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