Ça plane pour lui. | Don Emmert / AFP
Ça plane pour lui. | Don Emmert / AFP

Les SPAC, ces chèques en blanc qui font fureur dans la finance

Richard Branson vient de lever 400 millions de dollars grâce à ce surprenant montage.

Rien ne semble plus aléatoire que d'investir dans une entreprise mystère. C'est pourtant une tendance lourde qui agite les marchés financiers. Le dernier à se joindre à la fête est le milliardaire Richard Branson qui, en grande difficulté par ailleurs, vient de créer la Virgin Galactic Acquisition Corporation.

Cette dernière est une «société à vocation d'acquisition», une SPAC selon l'acronyme anglais, dotée de 400 millions de dollars [340 millions d'euros] et à la recherche d'accords pour développer les marques du groupe Virgin aux États-Unis.

Le seul but des SPAC est d'acquérir ou de fusionner avec une entreprise privée existante, grâce à des levées de fonds. Elles sont connues sous le nom d'entreprises «chèque en blanc», puisque les investisseurs ne savent pas précisément dans quelle firme ils placent leur argent au moment où ils l'avancent.

Depuis quelques années, les SPAC explosent tous les records. En 2020, 101 SPAC ont déjà effectué des levées de fonds, et certaines ont réussi leurs fusions –c'est déjà près du double par rapport à 2019.

«Épouser une licorne»

Parmi les success story, la SPAC du milliardaire Chamath Palihapitiya a acquis Virgin Galactic (exploration spatiale) pour 720 millions de dollars [608 millions d'euros] en juillet 2019.

Quant au manager de fonds spéculatifs Bill Ackman, il a levé un record de 4 milliards de dollars [3,3 milliards d'euros] avec sa SPAC en juillet dernier, avec pour objectif d'«épouser une licorne», une start-up de la tech valorisée à plus d'un milliard de dollars. Ackman a désormais deux ans pour fusionner avec ladite licorne, sans quoi il devra rendre l'argent aux investisseurs.

La fusion avec une SPAC est séduisante pour une entreprise privée, car elle lui permet de devenir publique grâce à une seule entité, sans passer par le long, épuisant et coûteux processus d'une offre publique initiale (IPO) classique.

Le risque qu'encourent les investisseurs est en revanche très grand. Les spécialiste expliquent notamment que, pour quelques grandes réussites, l'histoire des SPAC est peuplée d'arnaques et d'échecs.

«Dans l'ensemble, investir dans une SPAC revient à tirer à pile ou face», résume pour le Financial Times Milos Vulanovic, un professeur en finance à l'EDHEC, qui étudie cette structure depuis des années. «Seule la moitié d'entre elles s'avère être créatrice de valeur.»

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