Espérons que la connexion était solide. | Josep Lago / AFP
Espérons que la connexion était solide. | Josep Lago / AFP

Starlink, le quitte ou double d'Elon Musk et SpaceX?

La firme doit recruter 500.000 clients sur douze mois. Sinon...

Bouygues, Orange ou SFR le savent: si les infrastructures nécessaires à la connexion de larges clientèles représente un coût d'entrée important, les millions d'abonnements qui s'ensuivent constituent ensuite l'une des rentes les plus confortables des économies modernes.

Avec Starlink, la constellation de satellites internet proposée par SpaceX, Elon Musk vise donc large, très large: ces revenus mensuels tombant mensuellement comme les pièces d'un jackpot infini, c'est non dans un unique pays mais dans le monde entier qu'il compte les générer et ainsi contribuer à financer le reste de ses fantasmes spatiaux, en particulier une fusée Starship aux destinées martiennes.

Nous rapportions en novembre dernier à quel point l'aventure était initialement coûteuse pour la firme. Si l'abonnement mensuel fixé à 99 dollars (83 euros), auquel s'ajoutent les 500 dollars à débourser pour acquérir le matériel nécessaire à la connexion, semblent représenter une manne importante pour l'entreprise, il n'en est a priori rien –du moins pour le moment.

Lors d'une conférence donnée à distance à l'occasion du Mobile World Congress, Musk a donné quelques chiffres. Œuvrant pour l'instant dans douze pays mais annonçant sa très prochaine disponibilité globale (sauf dans les régions polaires, tant pis pour les pingouins), Starlink a pour l'instant recruté un peu moins de 70.000 clients.

Pour ce faire, SpaceX a dû envoyer 1.700 satellites en orbite basse. Ce n'est pourtant que le modeste début d'une immense aventure technique, puisqu'elle compte peupler nos cieux de plus de 40.000 de ces petites choses, au risque peut-être de causer quelques ravages environnementaux, et l'ire des astronomes.

Bien qu'elles soient effectuées avec les plutôt économes fusées réutilisables de SpaceX, le coût que représentent ces massives mises en orbite reste, on l'imagine aisément, colossal.

Il n'est pourtant pas le seul à trouer les poches de la star du spatial privé: Elon Musk l'a admis lors de son intervention, chacun des terminaux vendus 499 dollars (419,5 euros) lui coûte plus du double à produire. Et encore, avant d'autres économies d'échelle attendues à l'avenir, la situation s'est considérablement améliorée: les premiers exemplaires avaient un coût de revient de 3.000 dollars (2.500 euros).

Quitte ou double

Le cash flow de la firme est donc dans le rouge, foncé et clignotant. «Avant que nous ne gagnions de l'argent, nous allons être en négatif d'au moins 5 milliards de dollars [4,2 milliards d'euros], et peut-être de 10. C'est donc beaucoup», a admis Musk.

Qui a ajouté, à l'adresse de ses investisseurs, que l'entreprise ne pourrait réussir que si elle continue à investir massivement une fois dans le positif. Selon The Verge, le projet pourrait au total coûter 30 milliards de dollars (25,2 milliards d'euros) à mettre en place, mais en rapportera au moins autant, et ce chaque année.

La situation est donc plutôt délicate pour l'entreprise, mais pourrait n'être que très temporaire, avant qu'elle ne transforme son pari en platine massif. Et Musk a annoncé la couleur de son blitzkrieg: il faudra que Starlink recrute pas moins de 500.000 clients dans les douze prochains mois pour tenir cette infernale cadence financière.

L'entreprise pourra tout de même compter sur quelques clients d'un autre genre, notamment des gouvernements souhaitant doter leurs forces armées de connexions internet solides partout dans le monde, ou quelques opérateurs majeurs de téléphonie mobile, non nommés, qui souhaitent semble-t-il adjoindre les services de Starlink aux réseaux 5G qu'ils déploient actuellement.

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