Personne n'a voulu des pizzas robotiques de Zume. Étonnant, non? | Via Zume
Personne n'a voulu des pizzas robotiques de Zume. Étonnant, non? | Via Zume

Malgré des robots pizzaïoli et 375 millions de dollars, Zume a fait pschitt

Une idée bancale, un entrepreneur beau parleur et un investisseur un peu trop naïf: la recette de l'échec.

C'est l'un de ces récits dont seul le monde des start-ups de la Silicon Valley a le secret, une histoire aussi rocambolesque que drôle –sauf pour les 360 personnes qui ont perdu leur emploi.

La fable commence en 2017 dans la baie de San Francisco. Un énorme van bariolé de photographies de pizzas déboule devant l'entrée des bureaux du fonds d'investissement SoftBank. Le camion appartient à la société Zume Pizza et en transporte le patron, Alex Gardens.

L'entrepreneur vient rencontrer Masayoshi Son, le dirigeant de la société de capital-risque, pour faire la démonstration de son projet: des robots équipés de bras métalliques capables de fabriquer des pizzas.

La légende veut que l'hommes d'affaires, conquis, aurait alors investi 375 millions de dollars [347 millions d'euros] dans Zume –la réalité paraît moins romanesque.

Bloomberg souligne que le patron de SoftBank, âgé de 62 ans et empêtré dans de fâcheux paris comme celui de WeWork, ne peut résister aux start-uppers se donnant des airs de Steve Jobs.

Un ton assuré, une allure un brin effrontée, un charisme certain et banco, le deal est conclu, confient certaines des sources du média. D'après l'une des personnes présentes, Gardens aurait assuré dans la foulée de la rencontre: «Masa a dit que j'allais changer le monde.»

La plus triste des fêtes de lancement

Le principe de Zume était simple. Ses robots allaient fabriquer des pizzas en moins de 4 minutes, qui seraient disponibles à emporter et en livraison grâce à une énorme flotte de camions, dispersés aussi bien aux États-Unis qu'en Europe. La cofondatrice de la start-up, la restauratrice Julia Collins, donnerait une légitimité culinaire à l'entreprise.

Alex Gardens avait même anticipé la réussite de son aventure en organisant une grande fête baptisée «Day Z». Sauf que le business n'a jamais pris.

Julia Collins avait quitté le navire avant «Day Z», et l'affaire a vite semblé prendre l'eau: les 10.000 camions achetés par Alex Gardens tournaient à vide.

En prévision du «Day Z», le fondateur de Zume avait également dépensé des sommes conséquentes pour convertir un bus à impériale en énorme pizza truck et l'avait affublé du petit nom de Martha. Malheureusement, le camion –actuellement en vente– était trop grand pour prendre place sur les lieux de la fête, qui s'est finalement soldée par un speech laconique de Gardens.

L'entrepreneur a remercié plus de la moitié de ses équipes en janvier dernier. En 2019, le chiffre d'affaires de Zume aurait été de moins d'un million de dollars, indique une source à Bloomberg.

Rideau pour la start-up et ses robots pizzaïoli? Pas tout à fait. Alex Gardens, qui a passé «de moins en moins de temps dans son entreprise» selon d'ex-salarié·es naturellement amèr·es, compte désormais faire pivoter son entreprise vers une activité de conditionnement.

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