Écoutez un album de Rihana ou de Radiohed, et Rihanna ou Radiohead ne toucheront pas un centime. | fredrikwandem via Pixabay
Écoutez un album de Rihana ou de Radiohed, et Rihanna ou Radiohead ne toucheront pas un centime. | fredrikwandem via Pixabay

Il y a quelque chose de pourri au royaume du streaming musical

Une enquête révèle que des milliards de dollars de droits d’auteur échapperaient chaque année aux artistes à cause de métadonnées de chansons erronées.

Depuis que le disque est mort, le futur de l’industrie musicale, comme celui des artistes, repose entièrement sur le streaming légal. Les plateformes (Spotify, Deezer, Tidal et autres) versent des droits d’auteur en fonction du nombre d’écoutes en gardant un pourcentage. L’argent rentre dans les caisses mais les artistes restent majoritairement mal payé·es: bref, l’économie de marché retombe sur ses pattes.

Qui paie quoi et comment?

Mais au fait, comment Spotify sait-il combien verser et comment répartir sa manne à qui de droit –personnes qui écrivent textes et musique, simples interprètes, etc.? Grâce aux métadonnées, ces informations contenues dans le fichier audio et qui renseignent sur le contenu lui-même. En musique, la donnée c’est le son; la métadonnée, c’est le nom des artistes.

Très bien, mais que se passe-t-il quand, dans la grande chaîne de production musicale, une personne écorche le nom d’un·e artiste ou quand la métadonnée disparaît entre le studio et la playlist? Les royalties s’égare en même temps, nous apprend une enquête de The Verge publiée le 29 mai dernier. Loin d’être un détail, ce «petit problème» aurait déjà fait perdre plusieurs milliards (oui, milliards) de dollars aux artistes.

Centraliser les données sur une même base

Selon The Verge, plusieurs raisons structurelles rendent possible une telle débâcle. Premièrement, l’industrie n’a jamais pu adopter un format standard unique pour rédiger ces métadonnées. Résultat: lorsque le fichier change de base de données (du label vers Apple ou Spotify, par exemple), les métadonnées peuvent être modifiées, voire supprimées si elles empêchent le transfert.

Il n’existe d’autre part aucun organisme régulateur pour vérifier l’exactitude de ces métadonnées, poursuit l’enquête. Une faute de frappe et adieu la rémunération. Aucun endroit non plus pour les centraliser –logique, puisque chaque plateforme utilise son propre format. La situation est ubuesque.

Enfin, la chaîne de production musicale est un véritable labyrinthe (en 2016, pour chaque hit contribuaient en moyenne quatre personnes pour la composition et encore six pour l'édition. Conséquence de cet écosystème totalement atomisé: jusqu’à 25% des royalties seraient mal (ou pas du tout) reversées, tombées dans ce «trou noir» de la musique dématérialisée. Les artistes, conclut The Verge, ne savent souvent même pas par où commencer pour partir à la pêche aux royalties.

L’industrie a pourtant bien tenté de s’inspirer du cinéma et de la référence Internet Movie Database (IMDb) pour créer une base de métadonnées musicales internationale, mais les dissensions entre acteurs ont eu raison de ces projets.

Faute de mieux, une foule d’applications propose de gérer et vérifier les information contenues dans les titres. Mais à moins d’une utopique harmonisation mondiale des métadonnées, le «plus gros petit problème» de l’industrie musicale, pour reprendre l'expression de The Verge, va prendre de plus en plus de place.

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