Le casting d'Avengers: Endgame lors de la promotion du film, le 23 avril 2019 à Los Angeles. | Valerie Macon / AFP
Le casting d'Avengers: Endgame lors de la promotion du film, le 23 avril 2019 à Los Angeles. | Valerie Macon / AFP

Le streaming, ennemi numéro 1 du portefeuille des stars hollywoodiennes

Adieu, intéressements aux bénéfices astronomiques.

Alors que l'on ne semble toujours pas voir le bout de la pandémie de Covid-19, la situation est particulièrement dramatique pour les entreprises forcées de fermer, dont les cinémas.

En plus de ne pas pouvoir accueillir de spectateurs, ces derniers ont vu passer sous leur nez toute une série de films qui auraient d'ordinaire promis une forte affluence.

Mulan et Wonder Woman 1984 sont sortis directement en streaming, et Warner Bros a annoncé qu'elle diffuserait tous ses films de 2021 sur HBO Max. Mais les salles ne sont pas les seules à se morfondre: acteurs et actrices doivent aussi faire une croix sur une partie de leur fortune, les revenus résiduels.

À Hollywood, à chaque vente d'une place de cinéma, d'un DVD, ou d'une diffusion télé, l'équipe du film ou de la série reçoit une portion de la transaction, définie selon les contrats et accords des syndicats. Pour les premiers rôles, ces «residuals» (contrats d'intéressement) peuvent représenter des millions de dollars.

Or, lorsqu'une plateforme de streaming achète les droits de diffusion d'une œuvre, elle ne les achète qu'une fois. Si le film ou la série est ensuite visionnée par des millions de spectateurs, ce succès n'a pas d'impact sur le portefeuille de l'équipe du film.

Adieu aux millions

L'avantage de ce système est qu'il est plus stable. Si un film est un grand succès, le diffuseur ne paie pas plus cher l'équipe du film, acteurs et actrices inclus. Mais en échange, un projet risqué peut être vendu à un prix garanti: cela permet sa production, qu'il finisse en carton ou en flop.

C'est d'ailleurs pour cette raison que des réalisateurs à la réputation d'«auteurs» comme Martin Scorsese, Bong Joon-ho ou Alfonso Cuarón ont choisi Netflix pour diffuser des films s'éloignant quelque peu du moule hollywoodien actuel. Ils ont ainsi renoncé aux millions supplémentaires en cas de hit, mais se sont dans le même temps débarrassés d'une partie de la pression du succès public.

Cela dit, dans le cas des acteurs les plus célèbres, la transition vers le streaming est assez amère. Pour prendre un cas extrême, Robert Downey Jr a touché dix millions de dollars (8,21 millions d'euros) en salaire pour son rôle dans Avengers: Endgame.

La vraie fortune vient en réalité du résiduel, qui selon les estimations a atteint pour ce film 75 millions de dollars (61 millions d'euros). Pour les œuvres devenues classiques et diffusées en boucle sur toutes les télés du monde, ces paiements peuvent devenir de véritables rentes.

Des cinéastes célèbres, réalisatrices ou acteurs, défendent bec et ongles les sorties cinéma en invoquant l'expérience collective unique de la salle et le désespoir des exploitants. Il n'y a pas de raison de douter de leur sincérité –une partie d'entre eux défendent en même temps leurs propres revenus, parfois colossaux.

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