Pas de boule de cristal, mais de l'instinct et une maîtrise parfaite de l'actualité et des sciences qui lui sont associées. | Mitya Ivanov via Unsplash
Pas de boule de cristal, mais de l'instinct et une maîtrise parfaite de l'actualité et des sciences qui lui sont associées. | Mitya Ivanov via Unsplash

L'avenir n'a-t-il aucun secret pour les «superprévisionnistes»?

Les anticipations de ces analystes d'un genre particulier se sont révélées étonnamment justes à propos du Covid-19.

Good Judgment Inc. propose un service jusqu'ici réservé aux voyant·es: prédire l'avenir. Il n'est pas question ici de divination ou de mégadonnées (big data), mais d'intelligence humaine: des analystes à l'approche pluridisciplinaire et pragmatique qui font des anticipations. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, leurs compétences sont de plus en plus demandées.

Selon l'entreprise, les «superprévisionnistes» sont testé·es pendant des années avant de travailler pour elle; ces tests sont libremement accessibles sur leur site Good Judgment Open. Cela permet de sélectionner les meilleur·es et d'agréger leurs prédictions.

Celles-ci sont utilisées pour répondre aux questions de la clientèle, les «superprévisionnistes» touchant un pourcentage des sommes versées. Good Judgment n'est pas seule sur ce créneau. Des entreprises comme Metaculus proposent des services similaires.

«Open Judgement a prédit avec succès le vote du Royaume-Uni sur le Brexit en 2020 et l'entrée partielle en bourse d'Aramco en 2019 [...]. Début février, l'équipe de Good Judgment a prédit entre 100.000 et 200.000 cas de Covid-19 signalés au 20 mars; le monde a atteint la barre des 200.000 le 19 mars», rappelle le Time.

Complémentarité avec la science

Certain·es expert·es comme Michael Jackson, enquêteur scientifique associé au Kaiser Permanente Washington Health Research Institute, appellent toutefois à la prudence, rappelant que les entreprises de ce type sont des «boîtes noires» et qu'il est difficile de s'assurer du sérieux de leur travail.

Open Judgment reconnaît elle-même qu'il est préférable de se fier aux expert·es dans un certain nombre de situations. Néanmoins, «les amateurs talentueux qui prêtent attention à la fois à la science et aux informations semblent plus doués pour établir des probabilités précises concernant les conséquences clés de cette phase de la crise», suggère son fondateur Philip Tetlock.

Le point fort des «superprévisionnistes» tiendrait dans leur approche pluridisciplinaire et collaborative, ainsi que que dans leur compréhension des comportements humains. Ces analystes pourraient également aider les scientifiques en tirant la sonnette d'alarme plus efficacement.

«Le défi [...] ne se limite pas aux propriétés du virus lui-même. Il est très largement induit par les comportements humains, et nous avons vu que ceux-ci peuvent changer brusquement et de manière imprévisible, même à court terme de cette pandémie jusqu'à présent», reconnaît Michael Jackson. Selon le Time, les dirigeant·es gagneraient à s'inspirer des méthodes utilisées par les «superprévisionnistes».

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