Un manque étonnant, mais assez logique. | Corey Agopian via Unsplash
Un manque étonnant, mais assez logique. | Corey Agopian via Unsplash

Les télétravailleurs en manque s'inventent des trajets virtuels

Pour certains, le temps des transports était une source de bien-être inattendue.

La plupart s'en réjouiront: grâce au télétravail, finies les longues heures passées dans le train, les embouteillages sans fin ou les slaloms cyclistes entre les voitures pour arriver au boulot.

Un gain de temps précieux qui permet de réduire le stress et la fatigue liés aux transports. Du moins pour la majorité: certains ressentent l'absence de cette routine comme un manque cruel.

Chaque matin, Holly Hein se calait bien au chaud dans son bus, en lisant un bouquin durant ses 45 minutes de trajet pour se rendre à l'université de Portland (Oregon), où elle exerce un poste administratif.

Lorsque la pandémie s'est déclarée, en mars, elle a été contrainte d'exercer son emploi à distance depuis son domicile. Ce n'est pas précisément son trajet en bus qui lui manque, mais la «coupure» entre travail et maison.

«J'ai besoin d'un contraste entre les deux», témoigne l'employée dans le Wall Street Journal. Chaque matin, après son café, Holly Hein enfile donc sa tenue de travail et part pour un petit tour de quartier de 15 minutes, avant de revenir pour 9 heures pétantes afin de commencer sa journée de travail.

Comme Holly Hein, des milliers de télétravailleurs se recréent un faux trajet qui leur donne l'illusion de partir au boulot. Un moyen de délimiter sa journée de travail, qui a furieusement tendance à empiéter sur la vie personnelle.

L'excitation de l'embouteillage

Passer directement des tartines du petit-déjeuner au clavier de son ordinateur est difficile pour certains, qui ont besoin d'un espace de respiration.

Eddie Fairchild, un consultant résidant en Floride, avait pour habitude d'écouter ses podcasts favoris et de téléphoner à ses proches durant les heures de trajet en voiture quand il se rendait chez ses clients.

Avec ses réunions virtuelles, finis les embouteillages… mais aussi les podcasts et les coups de fil. Il s'est donc inventé un faux trajet, errant deux fois par semaine en voiture dans les rues de sa banlieue ou s'arrêtant dans une boutique de café à emporter.

Bien entendu, le trafic est moins intense en cette période, mais Eddie Fairchild prend bien soin de sortir vers 7 heures du matin ou 5 heures et demie le soir, là où il a le plus de chance de trouver du monde sur la route. Récemment, il avoue avoir été «excité» de se retrouver dans un embouteillage l'obligeant à emprunter un itinéraire bis.

D'autres sortent parcourir un bout de chemin à vélo, ou chaussent leurs baskets pour une petite promenade dans les alentours. Car le temps gagné sur les trajets ne se traduit pas seulement par des minutes de loisirs ou du temps de sommeil en plus.

Selon une étude d'octobre 2020, 35% du temps gagné sur les transports a ainsi été consacré… à travailler plus. Le «métro-boulot-dodo» s'est donc tout simplement transformé en «boulot-dodo».

Pour éviter cet effet secondaire, il est conseillé de caler ses horaires avec ceux du travail au bureau, et de se réserver une plage horaire avant et après le travail consacrée à un sport ou une activité de loisir pour se «vider la tête».

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