Dans le monde de l'entreprise: politique de l'autruche et promotions standardisées. | Hunters Race via Unsplash

Dans le monde de l'entreprise: politique de l'autruche et promotions standardisées. | Hunters Race via Unsplash

Pourquoi les mauvais cadres continuent d'être promus

Une psychologue a tenté de comprendre pourquoi les chefs toxiques restent en place –voire progressent.

Micromanagement, humiliations, coups de colère… Les mauvais patrons sont partout et leur attitude peut avoir des conséquences dramatiques sur le fonctionnement de leurs organisations ainsi que sur le moral, voire la santé, de leurs employés.

Pourquoi alors les entreprises continuent-elles de placer leur confiance en ces personnes, et comment ces dernières en sont-elles arrivées là alors qu'elles ne disposent pas des qualités nécessaires à la gestion de personnel? Mary-Clare Race, une psychologue irlandaise membre de l'entreprise de coaching LHH, a tenté de répondre à cette question.

Sa première piste est le parcours d'évolution de carrière généralement suivi dans la grande majorité des organisations. Il est en effet communément admis qu'à un certain niveau de l'avancement d'un employé, une promotion doit nécessairement impliquer l'accès à une position managériale.

Terminer une brillante carrière sans diriger d'autres employés est quasi-impensable: augmentations et responsabilités sont synonymes d'escalade dans la hiérarchie.

Mais être compétent dans son domaine et obtenir d'excellent résultats personnels ne signifie pas forcément être bon à superviser d'autres personnes. Or, la récompense implique presque toujours de se retrouver manager.

C'est le fameux principe de Peter, selon lequel «dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence» et «avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d'en assumer la responsabilité».

Autruches

Mary-Clare Race prend l'exemple du National Health Service, le système de santé britannique: la direction avait tenté d'offrir plus de responsabilités aux médecins seniors, alors que que les compétences requises pour cette tâche sont très différentes de ce qui fait un bon médecin. Résultat: les managers compétents tout comme les médecins de talent se sont retrouvés frustrés.

En plus de cela, selon la psychologue, le problème des leaders «toxiques» n'est pas uniquement qu'ils et elles parviennent à gravir les échelons malgré leur mauvais management, mais qu'ils y arrivent grâce à lui.

Selon elle, les entreprises qui ont un problème dans leur culture de management en ont conscience... Et c'est justement pour cela qu'elles n'ont pas envie de le regarder de plus près. «Ils ne veulent pas soulever le couvercle, parce que s'il le font, ce sont eux qui devront en assumer les conséquences», explique-t-elle.

Cette politique de l'autruche est, d'après la psychologue, souvent justifiée par les résultats de managers plus enclin à prendre des risques. Mais s'ils le sont, c'est parce qu'ils et elles se préoccupent moins que d'autres des conséquences négatives pour leurs employés.

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