Sommes-nous réellement prêts pour le grand bouleversement? | Malvestida Magazine via Unsplash
Sommes-nous réellement prêts pour le grand bouleversement? | Malvestida Magazine via Unsplash

Pour sauver la planète, commençons par la semaine de quatre jours

Gagner moins d'argent mais plus de temps: est-ce le sens de l'histoire?

Peut-être faites-vous partie des millions d'heureux Français qui, le 1er novembre, ont profité d'un jour férié. Vous ne vous en êtes sans doute pas rendu compte, du moins n'était-ce pas votre réflexion première, mais vous avez ce faisant contribué à votre manière à lutter contre le changement climatique.

La semaine de quatre jours, vieux thème resurgissant ici et là, solution testée en Espagne et en Islande, notamment, ou envisagée dans le très laborieux Japon, pourrait être l'un des changements majeurs qui contribueraient à sauver la planète, selon le Financial Times et l'auteur britannique Simon Kuper.

Prenant le contre-pied des vieilles antiennes productivistes, Kuper part d'un constat: présenté comme il l'est actuellement, le concept de décroissance est un repoussoir pour des individus coincés par les politiques qui prévalent dans une culture consumériste. Leur objectif cardinal est, in fine, une croissance à tout prix du PIB –qui favorise la hausse des émissions de gaz à effets de serre.

Le Britannique constate également que, dans le cas de sociétés développées plutôt inégalitaires, l'amas de richesse ne profite pas au plus grand nombre. Il souligne que le surplus de consommation obtenu ne contribue au bonheur que de manière marginale.

«Presque tout le monde pense qu'il n'a pas assez d'argent. Pourtant, dans les pays développés, ces mêmes personnes en ont davantage que quiconque a pu rêver dans le passé. Ça ne sera jamais suffisant. Mais c'est déjà trop pour la planète», résume Kuper d'un ton provocateur et cinglant.

L'auteur note également que cette impression de n'avoir jamais assez d'argent s'accompagne pour nombre d'actifs d'une sensation de cruellement manquer de de temps en dehors de leurs heures de travail. Et que les conditions de travail ne rendent pas les salariés heureux.

Le contresens de l'histoire

Kuper appuie son propos sur des données publiées par Gallup. En Grande-Bretagne, seul un salarié à plein temps sur cinq se sent bien à son poste. Une étude menée par l'université de Cambridge explique qu'une seule journée de travail par semaine suffit au bonheur.

Selon le Britannique, la semaine de quatre jours permettrait de réduire le temps passé dans les transports et le montant des salaires. Cette baisse de revenus serait nécessaire pour limiter la consommation de biens manufacturés. Pour compenser, il faudrait inciter les gens à opter pour des loisirs générant peu d'émissions de gaz à effet de serre –et qui les rendraient plus heureux qu'une visite au centre commercial voisin le samedi après-midi.

Une forte surtaxe sur le transport par avion, par exemple, pourrait réduire quelque peu les inégalités face au climat. Elle favoriserait le verdissement des infrastructures et contribuerait à améliorer le bien commun.

«Pour mettre un frein au changement climatique, nous devons être plus pauvres. Le moyen le plus sûr d'y parvenir revient à travailler moins», écrit Simon Kuper. Nos sociétés sont-elles prêtes à un tel changement de paradigme? Rien n'est moins sûr.

En ce moment

Une «boîte noire de la Terre» a été créée pour documenter le désastre climatique

Et Cætera

Une «boîte noire de la Terre» a été créée pour documenter le désastre climatique

Ça fait peur? C'est fait pour.

Chez Aldi, le «rayon de la honte» compte des dizaines de milliers de fans

Biz

Chez Aldi, le «rayon de la honte» compte des dizaines de milliers de fans

Un bien étrange culte voué aux produits ringards.

Le poids de l'humain: l'«anthropomasse» pèse désormais plus lourd que la vie sur Terre

Tech

Le poids de l'humain: l'«anthropomasse» pèse désormais plus lourd que la vie sur Terre

Le poids du plastique dépasse à lui seul l'ensemble de celui du règne animal.