Les dark patterns, c'est de la publicité, mais en pire. | Artem Beliaikin @belart84 via Unsplash
Les dark patterns, c'est de la publicité, mais en pire. | Artem Beliaikin @belart84 via Unsplash

Les trucs et astuces des sites marchands pour capter votre argent

Une étude de Princeton a détecté des milliers de mécanismes de manipulation qui piègent les internautes.

Le sénat des États-Unis tente actuellement de comprendre le fonctionnement des dark patterns, ces mécanismes de manipulation des internautes, afin de les encadrer. Il a pour cela notamment reçu Tristan Harris, un ancien ingénieur de Google.

Comme korii. le racontait, Harris dépeint un portrait très sombre de la manière dont les réseaux sociaux et plateformes généralistes parviennent à manipuler nos comportements en ligne à leur avantage. Les résultats d'une récente étude réalisée à Princeton et centrée sur le e-commerce illustrent encore plus l'ampleur du phénomène.

Pour rassembler suffisamment de données, l'équipe de recherche a conçu un bot simulant la manière dont un·e internaute navigue sur un site internet et collectant les textes et mises en page qu'il y trouve. Ce bot a analysé 11.000 sites marchands: il a trouvé 1.841 occurrences de dark patterns sur 1.267 sites différents, y compris quelques noms établis du e-commerce, comme Walmart ou J.Crew.

Les scientifiques ont ainsi pu établir une catégorisation de ces mécanismes. Certains sont des méthodes publicitaires qui poussent à l'achat, proches de ce que l'on peut retrouver dans le commerce physique, d'autres sont là pour nous pousser à donner le plus de données possible.

Mensonges et manipulation

Frais indiqués tout juste avant le paiement, inscription très simple puis désinscription laborieuse, création presque forcée d'un compte en suggérant fortement d'utiliser Facebook ou Google, grande visibilité du bouton «accepter les cookies»: tous ces stratagèmes sont connus des internautes aguerri·es. Mais il existe des moyens plus retors.

L'un des patterns détectés par les scientifiques est par exemple l'utilisation de comptes à rebours. Présent sur plus de 300 sites, ils indiquent une offre prétendument limitée, afin de mettre la pression aux client·es et les faire acheter plus vite. En réalité, l'offre est souvent toujours disponible une fois le temps écoulé.

De manière similaire, le sentiment d'urgence peut être créé en indiquant soit que les stocks du produit voulu sont bas, soit qu'il est très demandé, mais jamais les deux en même temps. Or, sans croiser ces deux données, rien ne dit qu'il risque de ne plus être disponible.

Autre manipulation: les «notifications d'activité». C'est, par exemple, lorsqu'un site vous indique que «cinquante personnes ont vu cet article» ou que «untel vient d'ajouter ce produit à son panier», afin d'exploiter votre penchant à suivre le mouvement. Une vérification manuelle de ces pages a permis de voir que ces annonces sont parfois générées de manière aléatoire, et ne reflètent aucune réalité vérifiable.

Si le DETOUR act proposé par le sénat américain est voté, il ne suffira pas à se débarasser de ces cafards du net. La loi actuellement étudiée ne s'appliquerait pas qu'aux plateformes géantes rassemblant plus de 100 millions d'utilisateurs et utilisatrices uniques: les petits sites marchands aussi sont concernés.

En ce moment

Les Japonaises interdites de lunettes, xHamster mieux que Facebook, sécuriser son iPhone, aujourd'hui sur korii.

Et Cætera

Les Japonaises interdites de lunettes, xHamster mieux que Facebook, sécuriser son iPhone, aujourd'hui sur korii.

Le récap' du jour.

Google aspire les données médicales de millions de personnes à leur insu

Et Cætera

Google aspire les données médicales de millions de personnes à leur insu

Dans le cadre du «Projet Nightingale», des hôpitaux lui transmettent leurs données sans en informer les patient·es.

Les entreprises japonaises interdisent à leurs employées de porter des lunettes

Et Cætera

Les entreprises japonaises interdisent à leurs employées de porter des lunettes

La mesure n'est que l'une des nombreuses contraintes que les Japonaises doivent respecter au travail.