Deux chauffeurs protestent devant New York Stock Exchange le 10 mai 2019 à New York. | Don Emmert / AFP
Deux chauffeurs protestent devant New York Stock Exchange le 10 mai 2019 à New York. | Don Emmert / AFP

Quand Uber et Lyft soudoient leur personnel pour contrer la loi

Les entreprises de VTC font tout pour contrecarrer une fronde susceptible de remettre en cause leur modèle économique.

La Californie est en passe de voter une loi qui pourrait remettre en cause toute la «gig economy», ou économie à la tâche: l'État souhaite encadrer plus sévèrement qu'aujourd'hui les conditions sous lesquelles une entreprise peut demander aux personnes qui travaillent pour elle d'être auto-entrepreneuses.

Cette proposition de loi appelée «AB 5» provoquerait un séisme dans l'industrie puisque les indépendant·es au volant des VTC seraient requalifié·es comme employé·es et pourraient prétendre à tous les droits garantis par le code du travail local (congés payés, couverture santé, assurance chômage).

Pourtant, le 9 juillet dernier, quelques centaines de personnes supposées bénéficier de cette loi se sont réunies devant le Capitole afin de manifester contre cette proposition et pour réclamer le droit de conserver leur statut: le Los Angeles Times finira par révéler qu'Uber et Lyft avaient offert entre 25 et 100 dollars (22,4 et 89,5 euros) à qui irait manifester en leur faveur.

Un mail leur a été envoyé de la part de la I'm Independant Coalition, un lobby fondé par la Chambre de commerce californienne et qui travaille en partenariat avec Lyft et Uber. Il leur était proposé de prendre en charge «le trajet, le parking et le temps passé là-bas». Les deux entreprises ont en outre proposé 25 et 15 dollars de dédommagement à empocher directement.

Dernière ligne droite

AB 5 a été adoptée fin mai à l'Assemblée de Californie et doit passer devant le Sénat de l'État avant d'être promulguée. Les grandes entreprises qui ont fondé leur modèle économique sur une politique managériale privilégiant le travail indépendant jouent leur va-tout afin de la bloquer.

Leur défense s'appuie en grande partie sur l'argument stipulant que l'auto-entrepreunariat donne des résultats positifs, à tel point que leur main d'œuvre réclame son maintien. Dans une tribune commune publiée dans le San Francisco Chronicle, Lyft et Uber expliquent que «si vous parlez aux chauffeurs, ils vont diront qu'ils sont attirés vers ce travail et par la flexibilité qu'il leur offre». Flexibilité qui serait selon elles remise en cause avec un contrat de travail.

Cet argument est mis à mal par les nombreuses manifestations et grèves visant une modification de statut qui ont rythmé ces derniers mois. Tenter de démontrer que certain·es sont de leur côté est un enjeu crucial pour ces entreprises. Quitte à rémunérer les premières personnes concernées.

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