Un chauffeur californien manifestant contre l'amendement souhaité par Uber & co. | Frederic J. Brown / AFP
Un chauffeur californien manifestant contre l'amendement souhaité par Uber & co. | Frederic J. Brown / AFP

Les millions d'Uber et Lyft sont en train de réécrire le droit du travail

Leur lobbying coûteux ne s'arrêtera pas à la Californie, où elles ont fini par imposer leur modèle.

205 millions de dollars [173 millions d'euros]: c'est la somme investie par Uber, Lyft et d'autres entreprises dans la campagne en faveur de la proposition 22 en Californie, approuvée à 58% par les votant·es.

Celle-ci vient amender une loi californienne, l'AB5, qui contraignait les plateformes à considérer les personnes travaillant pour elles comme des salarié·es, avec à la clé un certain nombre d'avantages sociaux obligatoires.

Selon Wired, Uber, Lyft et d'autres sociétés de la gig economy ont «rédigé leur propre loi sur le travail». Ayant dépensé dix fois plus que leurs opposant·es –notamment syndicats et organisations de travailleurs et travailleuses uberisées– dans la campagne, il ne serait sans doute pas tout à fait faux de dire qu'elles ont acheté le référendum.

De manière tout aussi contestable, elles se sont en outre abondamment appuyées sur leurs armes principales: leurs applications ont été transformées en médias de propagande pour diffuser largement le message auprès de la population et des reponsables locaux.

Next stop: Washington

La guilde des chauffeurs militait ainsi pour une rémunération minimale de 27,86 dollars [23,46 euros] de l'heure, soit 17,22 dollars |14,50 euros] après déductions des frais. La proposition 22 prévoit un minimum de 15,61 dollars [13,14 euros], qui pourrait descendre à 5,61 dollars [4,72 euros], frais déduits.

«[Leur victoire en] Californie les encouragera certainement à tenter ailleurs ce type de manœuvre pour protéger leur modèle d'entreprise. Elles [vont] essayer différents instruments de politique publique afin de continuer à être exemptées de leurs responsabilités d'employeur», explique le chercheur David Weil.

Si les entreprises de la gig economy continuent leur lobbying au niveau des États, elles vont aussi tenter d'agir au niveau national, car une loi fédérale telle que le Fair Labor Standards Act pourrait s'imposer face à une disposition comme la proposition 22.

Uber cherche donc à obtenir du gouvernement fédéral des dispositions spécifiques lui permettant d'échapper à certaines obligations figurant dans cette loi. Selon le Financial Times, une administration Biden n'y serait pas favorable.

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