De quoi s'acheter une demi-baguette? | Federico PARRA / AFP
De quoi s'acheter une demi-baguette? | Federico PARRA / AFP

Au Venezuela, les billets valent moins que le papier sur lequel ils sont imprimés

Le pays doit imprimer des billets à tour de bras.

Au Venezuela, il faut désormais une brouette remplie de billets pour aller faire ses courses. Selon les chiffres officiels –donc possiblement contestables– de la Banque centrale du Venezuela, l'inflation dans le pays a atteint 9.585,5% en 2019.

La situation ne sera guère meilleure en 2020, l'inflation atteignant déjà 843,44% entre janvier et juillet. Face à la dépréciation continue de sa monnaie, la Banque centrale n'a d'autre choix que d'augmenter continuellement la valeur faciale de ses billets.

Bloomberg rapporte que le Venezuela vient de commander soixante-et-onze tonnes de papier à la firme italienne Fedrigioni afin d'imprimer ses nouveaux billets de 100.000 bolivars, dont la valeur faciale est équivalente à… vingt centimes d'euros.

Un peu plus tôt cette année, le pays avait déjà fait appel à l'imprimeur russe Goznak pour se procurer 300 millions de nouveaux billets de 10.000 et 50.000 bolívars. Ces bouts de papiers valaient à l'époque respectivement douze centimes et cinquante-huit centimes d'euros –il n'ont presque plus aucune valeur aujourd'hui.

La pénurie de cash est récurrente au Venezuela. En 2016, le pays avait déjà dû faire venir trois douzaines de Boeing 747 cargos pleins à ras bord de billets de banque pour faire face à la dépréciation galopante du bolívar. La commande de dix milliards de nouveaux billets était tellement importante qu'aucune entreprise n'avait pu répondre seule à la demande.

Multiplication des zéros

À l'époque, il s'agissait pourtant seulement de billets de 100 et 50 bolívars. Le nombre de zéros sur les billets n'a pourtant pas fini d'augmenter: au rythme actuel, le gouvernement envisage de sortir des billets encore supérieurs à 100.000 bolívars, pense savoir Bloomberg.

Fin avril, le gouvernement a annoncé une hausse de 77,7% du revenu minimum, qui comprend le salaire et des bons alimentaires obligatoires. Il s'agit de la deuxième hausse depuis le début de l'année mais malgré cela, le salaire minimum n'équivaut actuellement qu'à 2,8 dollar par mois [2,3 euros], même pas de quoi se procurer un kilo de viande (4 dollars).

La perte de confiance dans la monnaie pousse de nombreux Vénézuélien·nes à se tourner vers des solutions alternatives. Le cabinet Ecoanalitica estime qu'en 2020, 70% des transactions auront été réalisées en dollars.

Mais les billets verts ne sont pas accessibles à tout le monde: seuls 15% des Vénézuélien·nes ont accès régulièrement au dollar et 35% un accès occasionnel. Les monnaies virtuelles sont également plébiscitées. Si le Petro, la cryptomonnaie officielle, peine à s'imposer, les autres monnaies comme le Bitcoin, le Cash ou l'Ethereum connaissent des volumes records de transactions dans le pays.

De quoi susciter l'intérêt des investisseurs et investisseuses: la start-up Cryptobuyer vient de déployer le premier satellite permettant de réaliser des transactions blockchain sans connexion Internet dans le pays. Une solution qui répond aussi au piteux état du réseau Internet et des coupures de courant récurrentes.

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