Une figurine Mario à la Games Week de Madrid le 2 octobre 2015. | Sebastien Berda / AFP

Une figurine Mario à la Games Week de Madrid le 2 octobre 2015. | Sebastien Berda / AFP

Enchères record sur les jeux vidéo: trésors ou bulle spéculative?

Le palier des deux millions de dollars a été franchi pour une cartouche de «Super Mario Bros».

Quelle mouche a donc piqué le marché des jeux vidéo de collection? En l'espace d'un mois, le record de la copie de jeu la plus chère du monde a été battu trois fois. Le 6 août, une cartouche du jeu Super Mario Bros. encore sous blister a été vendue pour 2 millions de dollars, détrônant une copie de Super Mario 64 cédée pour 1,56 million début juillet, seulement quelque jours après le record établi par une cartouche du premier Zelda.

Pourquoi un tel engouement? Les jeux vidéo profitent d'une hausse de l'intérêt pour les «biens non traditionnels», explique à CNN Illiana Bodnar-Horvath, la directrice du marketing luxe de la maison de ventes Macey and Sons: «Récemment, nous avons observé des requêtes plus éclectiques qu'auparavant de la part de notre clientèle, qui cherche des pièces de collection plus rares et uniques.»

Cette évolution profite aux baskets en édition limitée, aux cartes à collectionner et donc, aux jeux vidéo. Le meilleur exemple de cet engouement est sûrement l'explosion quasiment du jour au lendemain de la popularité des non-fungible tokens (NFT), des pièces de collection numériques.

Difficile de dire si cette mode va se pérenniser ou se dégonfler comme une baudruche, mais ce qui est certain, c'est que les maisons de ventes aux enchères traditionnelles comptent bien en profiter. En passant d'eBay et des groupes Facebook de passionnés aux salles de ventes prestigieuses, les jeux de collection ont pris une nouvelle dimension... et leurs prix aussi.

Attention à ne pas finir comme les comics

Pour autant, inutile de conserver une boîte encore sous blister du prochain jeu Halo ou du dernier GTA dans l'espoir qu'il vaille une fortune dans vingt ans. C'est exactement l'erreur qu'ont commis les amateurs de comics dans les années 1990.

Il y a trente ans, alors que le numéro 1 d'Action comics, où apparaît Superman pour la première fois, pouvait se vendre à des dizaines de milliers de dollars, des milliers de spéculateurs se sont mis en tête que les numéros 1 des aventures de nouveaux super-héros et les éditions spéciales pourraient rapporter gros quelques années plus tard.

Les éditeurs de comics se sont rués sur l'occasion en imprimant des couvertures alternatives, en utilisant du papier holographique réfléchissant et en recourant à d'autres gimmicks pour encourager les collectionneurs. Les bandes dessinées étaient même vendues dans des sachets plastiques scellés qui obligeaient à les acheter en double pour pouvoir lire un exemplaire et garder l'autre pour le revendre en parfait état.

Seulement, lorsqu'un objet de grande consommation se vend à des millions d'exemplaires et qu'il est religieusement conservé par des milliers de gens, sa valeur n'augmente jamais. Au milieu des années 1990, les spéculateurs l'ont finalement compris, la bulle a éclaté, et le marché des comics s'est écroulé sous son poids.

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