Rien ne prouve encore que l'économie souffre et souffrira d'une surreprésentation de personnes âgées. | Johan Walter Bantz via Unsplash
Rien ne prouve encore que l'économie souffre et souffrira d'une surreprésentation de personnes âgées. | Johan Walter Bantz via Unsplash

Vieillissement: le «tsunami gris» fera-t-il sombrer l'économie?

Rien ne prouve qu'un nombre croissant de personnes de plus de 65 ans soit une catastrophe.

La population mondiale vieillit. D'après les projections de l'ONU, 16% des êtres humains auront 65 ans ou plus en 2050, contre seulement 9% aujourd'hui. En 2018, pour la première fois dans l'histoire, les plus de 65 ans étaient plus nombreux que les enfants de moins de 5 ans.

Tout cela inquiète certain·es économistes, qui craignent que la population active ne parvienne plus à subvenir aux besoins des inactifs, notamment de ses aïeux. Ce peut même être calculé: le «ratio de dépendance démographique» est le rapport entre le nombre de personnes supposées dépendantes (jeunes et personnes âgées) et celles dont elles dépendent (population entre 20 et 60 ans environ).

Les plus pessimistes parlent d'un silver tsunami («tsunami gris») pour évoquer les conséquences économiques d'une démographie qui produit trop de retraité·es et pas assez de travailleurs et de travailleuses.

Pas de preuves assez solides

Pour Daron Acemoglu, économiste de la prestigieuse université du MIT (Massachusetts Institute of Technology), il n'a pourtant pas lieu de s'inquiéter outre mesure. «Malgré toutes les craintes à propos du vieillissement, il n'y a, de manière surprenante, que peu d'indices qui suggèrent que l'économie des sociétés vieillissantes en accuse le coup», explique-t-il.

Acemoglu a étudié le rapport entre espérance de vie et PIB dans chaque pays, entre 1990 et 2015, et n'a pas trouvé de corrélation entre les deux variables. Par exemple, des pays comme le Japon, l'Allemagne ou la Corée du Sud, dont les populations sont vieillissantes, étaient même en plutôt bonne santé économique.

L'une des explications possibles à cette conclusion contre-intuitive pourrait être l'adoption rapide de l'automatisation. D'après une étude menée par le même économiste en 2017, les pays dont la population vieillit rapidement sont aussi les plus prompts à utiliser des robots afin de remplir des tâches autrefois effectuées par de la main-d'œuvre.

L'âge n'est pas une maladie

Aussi, la longueur de la vie humaine n'est pas extensible à l'infini. L'allongement permis par les progrès de la médecine et nos modes de vie devrait, du moins à moyen terme, atteindre un palier.

Si l'espérance de vie mondiale a explosé en quelques années, elle est en voie de stabilisation. L'ONU estime qu'entre aujourd'hui et 2100, elle devrait augmenter d'une dizaine d'années, en progressant de moins en moins vite. Comparativement, elle a grimpé d'environ vingt-cinq ans depuis 1950.

Autrement dit, les progrès effectués par la médecine permettront à l'avenir de vivre plus longtemps en bonne santé, mais pas plus longtemps tout court. Ce qui ne devrait logiquement pas se produire au détriment de l'économie, au contraire.

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